Bilans mensuels·Manga·Non classé

BILAN OCTOBRE 2018 : CHRONIQUES EN VRAC

Au cours du mois, j’ai pu fournir la critique de cinq nouvelles séries sur le blog, à savoir Deep Sea Aquarium Magmell, Survivant – l’histoire du jeune S et Peleliu, abordées dans mon article dédié à leur nouvelle maison d’édition commune, Vega ; mais aussi revenir en détail sur Solitude d’un autre genre et Détonations, qui ont eu droit à leurs articles dédiés. Les Montagnes hallucinées et Tomie furent deux belles découvertes que je vous partageais dans mes 13 recommandations de lectures pour Halloween, et je vous renvoie donc à cet article si mon avis à leur sujet vous intéresse. En plus de tous ceux-ci, j’ai pu découvrir quelques nouveaux mangas, à savoir…


La Fleur et le vampire

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Voilà un recueil de deux histoires courtes proposant des romances surprenantes d’ambiguité, portées par des personnages loin d’être monolithiques. Le premier récit, qui donne son nom à l’ouvrage, est en tout point maîtrisé, sublimé par un talent indéniable de la mise en scène et du découpage. La seconde, plus courte sans doute plus anecdotique, a le mérite d’adopter un point de vue intéressant et éloignant significativement le lecteur de la relation dépeinte, lui offrant un recul différent sur l’action. En somme, La Fleur et le vampire est une excellente surprise qui fait office de premier contact réussi avec l’œuvre de Komachi Katsura, et qui ne manque pas de me donner envie de me pencher sur ses autres travaux au plus vite.

Encore une nuit blanche ! #1

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Encore une nuit blanche !, nouvelle œuvre de la talentueuse Kotetsu Yamamoto (Et demain, ce sera quoi ?, Bokura no Negai, Like the beast, Mad Cinderalla, etc.), est une comédie romantique efficace puisque drôle, touchante, et attachante. La mangaka dépeint le parcours initiatique d’un jeune garçon découvrant sa sexualité aux travers de (més)aventures contemporaines et terre-à-terre dans lesquels le lecteur pourra se retrouver. C’est donc, en premier lieu, par la crédibilité et la candeur de son protagoniste que la manga capte l’attention du lecteur. Puis vient le fantastique, et avec lui, les prémices de possibles romances avec leur lot d’humour, d’émotion, et d’érotisme, le tout délicieusement mis en scène par la mangaka au coup de crayon rond et clair, rappelant tout à fait l’atmosphère chaleureuse du récit. Un nouveau coup de cœur pour le travail de cette autrice que j’affectionne tout particulièrement !

Le Signe des rêves #1-2

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Après Taniguchi, Sakamoto, Araki et Matsumoto, c’est au tour de Naoki Urasawa de signer pour le Louvre un thriller comme seul lui sait les écrire, mettant en avant la culture française et abordant en filigrane le rapport de l’art au réel. Aussi, l’auteur multiplie les références aux classiques de son média, mais s’attache également à prendre en compte l’actualité politico-sociale dans son écriture, adaptant à sa sauce, et non sans humour, certaines figures politiques bien connues et les incorporant à son intrigue. Sans atteindre le brio des chefs d’œuvre de l’auteur, Le Signe des rêves est assurément un manga intime, passionné, captivant et touchant. Au travers de Kasumi, la jeune protagoniste du récit, il est sans doute possible de voir un prototype de l’héroïne d’Asadora, le nouveau manga de l’auteur, qui ne devrait pas manquer de nous parvenir…

Made in Heaven #1

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Made in heaven a immanquablement pour lui son originalité, maniant avec habileté plusieurs strates narratives en étroite relation. Si le manga ne manque pas de faire sourire voire de captiver le lecteur, il souffre peut-être, pour devenir vraiment mémorable, de trop peu de densité dans le propos (à savoir, une critique du monde de l’édition et du sexisme dans les mangas). Non pas que celui-ci soit essentiel à la qualité de l’œuvre, mais je pense qu’il lui apporterait beaucoup, et justifierait de manière forte et sensée cet empilement de stéréotypes détournés (triangle amoureux, poitrines opulentes, etc.) et de scènes déjantées. L’expérience d’Ako Shimaki se ressent dans l’écriture de personnages assez passionnants, et notamment d’un mangaka que l’amour et les relations charnelles ennuie, et qui se voit confronté à la « nécessité » d’incorporer ces éléments dans ses intrigues, de façon presque ridicule (la romance intervenant, dans ses fictions, dans des lieux où, traditionnellement, elle n’a pas lieu d’être). Rythmé, amusant et d’une grande finesse graphique, ce premier volume est très plaisant à suivre et donne envie de voir comment évoluera ce shojo résolument atypique, qui devrait plaire aux lecteurs et lectrices d’Aromantic (love) story !

Blue Sky Complex #1-2

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Au premier abord romance lycéenne somme toute très classique, il faudra du temps pour réellement s’attacher à Blue Sky Complex, tant la lecture du premier volume, extrêmement lent et conventionnel, peut laisser sur sa faim voire ennuyer. Pour autant, c’est sur la longueur que se dégagent les multiples qualités du manga, son autrice parvenant à développer une réelle intimité entre le lecteur et ses personnages, et installant efficacement des atmosphères souvent belles et mélancoliques. Au final, c’est une relation assez touchante et complexe qui se tisse entre deux adolescents qui découvrent ensemble la communication, l’amour, puis la sexualité. Un boy’s love pour l’instant divertissant mais dispensable, mais qui pourrait bien révéler de nouveaux atouts dans les prochains volumes.

Le Rêve de mon père #1

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Après avoir découvert en début d’année Zero, autre œuvre de jeunesse de l’inestimable Taiyou Matsumoto, voici venir Le Rêve de mon père. Si les deux mangas ont de nombreux points commun, le dernier amorce plus en profondeur un glissement thématique du sport au social (c’est à dire qu’il n’a plus besoin du sport pour aborder le social), et ainsi un passage au deuxième grand temps de l’œuvre du mangaka (marqué par des chefs d’œuvre comme Amer Béton ou Gogo Monster). Se voulant humain et poignant, et l’étant à bien des égards, le manga souffre à un sens d’un gros point noir : le personnage du père. Impossible pour moi de m’attacher à ce nombriliste égocentrique qui abandonne épouse et enfant pour une passion qu’il laisse vivre de manière très immature. Inconscient et destructeur, ce personnage n’a jamais eu mon affection, et peinera à l’acquérir par la suite. C’est quelque chose d’assez dommage dans un manga qui se veut au plus proche de ses personnages et de leur relation, puisque quelque part, je n’adhère pas au développement de cet héritage, sans doute néfaste pour l’enfant.
Quoi qu’il en soit, Le Rêve de mon père reste un très bon manga, rythmé par les visuels bruts d’un Matsumoto de la première heure, étonnamment humoristique et à la poésie sensible et empreinte d’un imaginaire très touchant.

Naruto #1-2-3-4-5-6-7-8

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Les prémices de Naruto, quand bien même efficaces et très plaisantes à suivre, rappellent celles de nombreux mangas du même acabit. Il y a toutefois quelque chose en plus, quelque chose d’un peu ineffable (pour l’instant) et qui va formellement et narrativement au-delà de ce qui est purement dit et montré. Sans doute une mythologie des Hommes se dessine-t-elle au fil des pages : il est encore trop tôt pour le dire. Posant progressivement les bases d’un récit héroïque et humaniste passionnant, Masashi Kishimoto comble mes maigres attentes de non-initié un peu curieux, et m’offre sans doute bien plus encore.

Murciélago #1-2

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Se voulant provocantMurciélago, défouloir cathartique misant tout sur un comique vulgaire et violent, aurait vite pu rejoindre le petit paquet de mangas à « l’humour » oppressif et dérangeant dont on préférerait ne plus entendre parler. Heureusement, l’auteur parvient à éviter de peu cet écueil et, exception faite d’une page un peu limite, à rester respectueux des femmes et autres minorités présentées au premier plan de son manga sans pour autant se brider, bien au contraire. Ces deux premiers volumes, mettant en scène une succession de missions menées par l’ex-assassine Kuroko, donnent à voir l’univers et le ton de la série, qui oscille entre comédie noire et manga d’action, le tout saupoudré d’une touche d’érotisme et de personnages fantasmagoriques. L’ensemble est efficace, divertissant, et au final assez captivant pour nous donner envie de lire la suite.

Dog End #1

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Autre histoire de tueur à gage recruté par le gouvernement : Dog End. Sans être mauvais, le manga manque cruellement de saveur et d’identité. Sous couvert d’un scénario simpliste, le manga ne développe pour le moment pas grand chose. Les personnages sont déjà vus, certains étant même relégués au rang de fonction avouée ; les enjeux millénaires ; la narration et le graphisme très formatés, etc. L’exécution est propre, presque trop, et l’on ressort de la lecture diverti mais un peu creux. Notons tout de même que les scènes d’action, omniprésentes, sont très bien chorégraphiées, et que le trait dynamique de l’auteur, Yurikawa, leur sied parfaitement. Dog End est donc à réserver, aux amateurs et amatrices du genre, du moins pour le moment.

Under the same Moon #1-2-3-4-5

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Under the same moon, fruit du travail de Seiki Tsuchida (Blessures nocturnes), est un manga plus dense qu’il n’y parrait, qui joue sur plusieurs tableaux et séduit immanquablement par son aura old-schoolÀ la fois romance impossible et drame mafieux, le manga offre à lire un récit parfois maladroit mais qui touche, par instants, à une transcendance assez fascinante. C’est notamment le cas au travers de l’écriture de son protagoniste, Don, figure fantomatique et pharmakon, le plus souvent muette, et qui, de par son infinie bienveillance, hante et anime les individus qui gravitent autour de lui. Un très bon titre du catalogue de Casterman.

Rêve de coucou #1-2

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Belle surprise que Rêve de coucou, boy’s love à la frontière de la tragédie romantique et du thriller. L’autrice parvient à capter toute l’attention du lecteur en injectant une dimension fantastique à son histoire d’amour, le faisant constamment douter de la véracité des sentiments et propos qui défilent sous ses yeux. Jusqu’au bout la mangaka nous ruse, témoignant d’une maîtrise parfaite de sa narration et de l’écriture de son trio de protagonistes, tous trois touchants à leur manière. Visuellement très abouti, le manga développe une aura mélancolique saisissante au travers de visuels clairs, cassants, et doux-amers. Une excellente découverte qui pourrait plaire à nombre d’entre vous !


Deathco #7

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Ma chronique du tome 5.
13 mangas pour Halloween.

Bouquet final explosif et point d’orgue merveilleux, cet ultime volume de Deathco vient résoudre de manière inattendue la quête macabre de la jeune moissonneuse sans jamais trahir le fatalisme implacable de l’œuvre d’Atsushi Kaneko. La relation entre la gamine tueuse et Madame M., clef de voûte du manga, trouve une conclusion idéale, choc et mémorable. Ne dérogeant pas à l’atmosphère meurtrière de ses prédécesseurs, ce volume propose son lot de décors lugubres, d’armes insolites, de combats sanguinaires et de répliques cinglantes, le tout baigné dans une atmosphère tout en tension et en émotion qui font de ces derniers chapitres un adieu d’anthologie !

Destins parallèles #3

 

Les destins parallèles se rejoignent enfin dans ces deux derniers volumes qui clôturent de façon correcte mais prévisible ce manga, que l’on retiendra davantage en tant qu’exercice de style. Si au final l’expérience fut plaisante, l’on peut regretter que l’auteur ne se soit pas permis de prendre plus de risques au niveau de la romance présentée dans ces six volumes, finalement assez banale et opaque, exception faite de quelques points d’orgues très bien écrits. Une petite déception qui n’a toutefois rien de honteux et vaut le coup d’être lue !

Le Secret de l’ange #4

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Ma chronique du tome 1.

Si ce dernier volume du Secret de l’ange n’est pas des plus surprenants – à l’inverse des premiers pas de la série-, il a le mérite de conclure efficacement les différentes intrigues mises en place par l’autrice au cours des trois chapitres précédents. Voilà donc une série dont je vous recommande sans hésiter la lecture si vous êtes à la recherche d’un thriller émouvant et/ou d’un triangle amoureux bien écrit !

 

Good morning little Briar-rose #6

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Ma chronique du tome 1.

Final déchirant pour l’un des shojo phare de l’année 2017, ce dernier tome de Good morning little Briar-rose fait l’effet d’un coup de poignard dans le cœur, dont le lecteur risque d’avoir bien du mal à se remettre. Maîtrisés de bout en bout, les derniers chapitres mettent un terme aux aventures de Tetsu et Shizu d’une façon absolument irréprochable, au travers d’échanges d’une justesse et d’une humanité absolument incroyables. C’est entre drame, allégresse et espoir que se referme l’un des titres forts du catalogue d’Akata, qui aura su, en six volumes, aller au bout de ses thématiques et de l’écriture de ses personnages.


Les coups de cœur du mois


 

 

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