Découverte manga·Manga

DÉCOUVERTE MANGA #55 – APOSIMZ

Entités anthropomorphes mystérieuses, planètes hostiles aux dédales sépulcraux et lutte pour la survie d’une humanité libérée : nul doute qu’Aposimz, nouveau manga de Tsutomu Nihei, se propose comme une énième déclinaison de l’univers fascinant de son auteur – sans que cela ne gêne en rien, chacune parvenant à motiver de nouvelles approches d’un imaginaire à priori sans limite. Attendu au tournant par les fans du mangaka, Aposimz ne déçoit pas, et marque une nouvelle évolution dans l’appropriation des codes du genre par son auteur.

Fiche Technique
 
Auteur : Tsutomu Nihei 

Genre : Science-Fiction/Action
 
Éditeur VF : Glénat 

Nombre de tomes parus : 1 (3 tomes en cours au Japon) 

Prix : 7,60€

Sur l’astre artificiel géant Aposimz, couvert de ruines… En plein milieu d’un exercice de marche, Ao, Biko et Esserow, habitants de la “poutrelle à la macle blanche” viennent au secours d’une fille étrange poursuivie par des soldats de l’empire de Libedoa. Celle-ci leur confie un “code” et sept projectiles capables de bouleverser le monde !

La première double-page à visée de pure exposition pourra étonner les amateurs de Blame !, et pour cause, Aposimz est loin d’avoir les mêmes prétentions que les premières œuvres de l’auteur. À l’instar de Knights of Sidonia, le manga n’a pas recours à une narration particulièrement cryptique (qui a participé à la réputation des mangas majeurs de l’auteur), permettant ainsi au lecteur une immersion aisée dans le récit. Conservant une dimension contemplative appuyée par des assemblages géométriques tortueux et diaphanes, le titre se veut sans doute plus accessible, entrecoupant les scènes d’exploration de dialogues efficaces, permettant la mise en place rapide d’un univers à la fois solide et passionnant.

Capture d_écran 2018-11-14 à 17.36.43

Pour autant, la lecture de ce premier volume d’Aposimz n’est pas sans surprise. L’auteur sait ménager ses effets et renverser drastiquement la situation quand le récit l’oblige ; il faut compter sur Nihei pour prendre des risques, comme il l’a toujours fait. Regorgeant d’idée visuelles fascinantes, Aposimz narre l’exploration d’un univers cataclysmique organisé, combinant de nombreux codes des récits d’aventure (des instances dirigeantes corrompues aux designs ronds et enfantins de certains personnages) et des architectures foisonnantes à la verticalité écrasante, des approches du corps plus organiques (l’aspect cadavérique du protagoniste à certains moments du récit, mais aussi les décors en eux-mêmes, suintants, dégoulinants), caractéristiques du travail du mangaka.

Les scènes d’action sont particulièrement réussies, confrontant la pureté monotone du blanc éclatant et des quelques tramages gris qui y dressent des formes à des combats titanesques, destructeurs, et employant intelligemment à leur compte l’aspect vaporeux de cette nouvelle variation du trait de Nihei. Comme à son habitude, l’auteur s’approprie à demi-mot les thèmes du transhumanisme ; ici, le corps est une machine meurtrière, la chair est de métal : les designs d’Aposimz n’ont pas à rougir face à ceux des créatures de Blame !, tant ils travaillent brillamment une fusion post-moderne de l’humain et de la machine, de manière sans doute encore plus évidente que dans les autres œuvres de l’auteur. Tout cela s’accompagne de la mise à l’œuvre d’une inspiration qui découle de tous ces questionnements, celle de l’univers du jeux-vidéo : munitions limitées, héros devant détrôner une hiérarchie en affrontant tout à tour des antagonistes et en parcourant un univers à priori infini, répondant aux quêtes de personnages rencontrés au gré du périple, combattant avec des techniques apparemment bien précises, etc.


En somme, Tsutomu Nihei parvient à s’adresser à un large public sans pour autant trahir son art, le réinventant même à nouveau. Une introduction prometteuse et d’ores et déjà géniale qui satisfera sans aucun doute amateurs comme néophytes.

À noter qu’à l’occasion de la venue de l’auteur au FIBD, Glénat réédite, parallèlement à la publication de ce titre, Blame !, en édition deluxe. Un plaisir qu’il serait bien dommage de bouder.


aposimz-ningyo-no-kuni-2-jp

TOME 2 PRÉVU POUR LE 16/01/2019

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s