Bilans mensuels·Manga·Non classé

BILAN FÉVRIER 2019

Prétendant toujours m’atteler à la diminution d’une PAL qui ne fait en réalité que dégénérer, je vous propose ce mois-ci de courts avis sur mes découvertes du mois dernier, à la publication récente comme relativement plus datée.


Tokyo Girs Bravo #1

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Avec Tokyo Girls Bravo, Kyoko Okazaki ne déroge pas aux thématiques qui lui sont chères, et aborde le quotidien de la jeunesse tokyoïte au travers du regard d’une adolescente de la campagne, en quête d’indépendance. De désillusion en désillusion, l’autrice propose un portrait plutôt plaisant des nuits de Tokyo. Mais l’œuvre est à ranger au côté de ses ouvrages les plus faibles, tant il manque à Tokyo Girls Bravo quelque chose de la force tragique et politique de Pink, Helter Skelter ou River’s Edge. La lecture est néanmoins plaisante, et séduira les amoureuses et amoureux du style irrévérencieux de la mangaka. Reste que ce premier volume, tout du moins, fait pâle figure face à ses œuvres plus ambitieuses et réussies.

Eisbahn – Sentier verglacé

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Pour sa première publication en France, Tsuchika Nishimura offre un recueil dense, qui n’est pas sans rappeler les travaux de certains de ses contemporains, et notamment de Keigo Shinzo – les deux auteurs se considérant d’ailleurs « rivaux ». Au travers de courts récits, le mangaka nous ouvre une diversité d’enjeux narratifs et visuels très appréciable, ayant à cœur les sujets sociaux contemporains tout autant que l’expérimentation graphique et la réflexion narratologique. Le coup de crayon rond, contrasté et aux allures enfantines de l’auteur se prête étonnement bien à certaines compositions limpides et pour autant assez brillantes, notamment au niveau du découpage. Au final, le manga donne envie de se familiariser d’avantage avec son auteur, qui, je l’espère, n’en a pas fini avec la France !

Neon Genesis Evangelion #1 à #14

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Compte tenu du succès de la licence Evangelion, il était raisonnable d’aborder cette transposition avec quelques appréhensions. L’auteur ayant officié sur l’anime original, il était à craindre que celui-ci ne sache pas s’en détacher. Toutefois, cette adaptation se révèle étonnement pertinente, tant elle lance un nouveau regard sur l’œuvre, sa politique et ses personnages. Le Shinji du manga, notamment, est très différent de sa version animée ; et la lecture de sa construction identitaire que développe ce format est encore plus individualiste que dans l’œuvre d’origine – propos on ne peut plus problématique, mais fabuleusement fantasmé et mis en scène, tant dans le manga que dans l’anime. Fort d’une mise en scène experte, rendant honneur aux plus grands moments de l’œuvre, le manga réussi le difficile exercice de donner une saveur particulière et pertinente à une déclinaison non-exigée par l’œuvre-mère – quand bien même celle-ci est encore aujourd’hui le fruit de réécritures par son auteur original, Hideki Anno. Le manga Evangelion s’inscrit donc dans la dynamique de processus de l’œuvre, qui n’a de cesse de se réécrire.

Ballad Opera #1

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Plaisir coupable tout à fait dispensable et sans grande ambition, Ballad Opera est de ces shonen-aï relativement bas de gamme que l’on lit davantage pour les sous-entendus romantiques que pour l’appréciation d’une quelconque intrigue – pour peu qu’il y en ait une. Mais pour autant que l’on soit adepte du genre, le manga se montre relativement entrainant, et peut se targuer d’un capital sympathie assuré par un univers plutôt plaisant, des graphismes dynamiques et un rythme soutenu.

 

Gereksiz #1

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Un article au sujet de ce titre est en projet ! Retrouvez donc mon avis détaillé à son propos dans les jours qui viennent (idéalement) !

 

 

 

 

 

Monster #1-2

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Découverte tardive et coup de foudre inconditionnel pour cette pierre angulaire du manga contemporain. Monster est assurément fascinant pour son établissement de personnages antithétiques et transcendants, absolument sublimes de complexité et d’inhumanité. Ce sont de véritables entités littéraires, des concepts d’une richesse incroyable, qui s’animent sous l’effet d’un jeu du chat et de la souris double et intertextuel.

 

 

Dans un Rayon de soleil

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Tillie Walden fut, pour ainsi dire, une rencontre dans mon parcours de lecteur. Au même titre qu’Inio Asano, Shuzo Oshimi, Kyôko Okazaki (et Beckett, Mallarmé, Duras, Laclos en littérature non-graphique). Mais… encore une fois, je n’en dis pas trop, car j’aimerais beaucoup trouver le courage de m’exprimer au sujet de cette œuvre sur le blog…

Ces Jours qui disparaissent

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Ces Jours qui disparaissent n’a décidément pas volé sa réputation. Le brio de cette bande-dessinée tient dans sa maîtrise du rythme d’un dispositif narratif à couper le souffle, l’auteur jouant d’un découpage du récit décuplant l’effet du déroulement tragique de celui-ci. Éminemment psychologique, Ces Jours qui disparaissent a de quoi mettre à mal les nerfs du lecteur et frise, sur sa conclusion, l’insupportable, le génie cruel – qui manque peut-être d’un soupçon d’ironie pour réellement abîmer le lecteur comme il entend le faire. Dans l’ensemble, le récit est irréprochable, tient en haleine jusqu’à la dernière page, et s’approprie avec intelligence le lieu-commun des identités multiples. La conclusion laisse des questions sans réponses inquiéter l’imaginaire, qui se chargera bien de combler, faisant perdurer l’œuvre quelque temps dans l’esprit de son lecteur.

Les Vestiaires

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Plus qu’enthousiasmé par Ces Jours qui disparaissent, je n’ai pas pu me retenir de me procurer Les Vestiaires, précédent ouvrage de son auteur. Résolument moins impactant que ce que beaucoup considèrent d’ores et déjà comme le chef d’œuvre de celui-ci, cette bande-dessinée n’en demeure pas moins extrêmement interessante. Fondé sur un parti pris narratif audacieux – le huis clos, en ce que l’on ne sort jamais de l’enceinte des vestiaires de l’école -, le récit use là encore de jeux elliptiques pour donner de ampleur au récit, qui se développe dans une durée diégétique assez longue. Abordant la thématique du harcèlement scolaire de manière crue et absolument pas idéaliste, Les Vestiaires se montre, là aussi, on ne peut plus cruel, soumettant le microcosme de la classe à la loi de la jungle dans un espace propice à l’exploration des pulsions sexuelles (le vestiaire comme espace de la nudité, de la découverte du corps des autres), mais aussi destructrices (les vestiaires comme espace dérobé au regard des adultes). Je dirais que ce livre est presque plus ambitieux que Ces Jours qui disparaissentmais aurait nécessité davantage d’ampleur et d’expérience pour se révéler aussi percutant. Néanmoins, une excellente lecture que je recommande sans hésiter.


Bloody Delinquent Girl Chainsaw #13bloody-delinquant-chiansaw-13-akata

Conclusion d’un arc plutôt que d’une série, ce treizième volume de Bloody Délinquant Girl Chainsaw met fin à l’aventure en cours et ouvre sur une suite qui promet d’être radicalement différente. En espérant qu’Akata ne nous fasse pas trop languir…

 

 

 

Saltiness #4

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Saltiness se conclut de manière convenue, mais, selon moi, quelque peu décevante. En effet, il me semble qu’il aurait été plus ingénieux de détourner les ambitions originelles du protagonistes, qui sont tout aussi égoïstes que déplacées – son rêve étant que sa sœur se marie ; ou, du moins, de ne pas valoriser ce dénouement personnel relativement pervers. Au-delà de ça, le talent de l’auteur pour l’écriture de dialogues et situations décalées me séduit toujours autant, et, dans l’ensemble, le titre demeure excellent.

 

Close to heaven #9

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Close to Heaven livre un dernier volume doux-amer, qui clôt de façon satisfaisante cette série qui, malgré des débuts maladroits a, au fil des tomes, su trouver un ton sincère la rendant on ne peut plus touchante. Une histoire d’amour un peu facile mais très efficace, portée par une héroïne de caractère et des personnages secondaires hauts en couleur, et dont le défaut majeur aura sans doute été l’exploitation tragique de la maladie du protagoniste masculin – au dénouement allant contre toute vraisemblance.

 

Escape Journey #3

29992Ogeretsu Tanaka offre une tombée de rideau touchante, dédiée à l’approfondissement des sentiments des deux protagonistes et à leur confrontation à l’homophobie de leur entourage. Pour peu qu’elle résiste à son obsession pour les scènes de viol (absentes de ce tome), l’autrice est capable du meilleur. Elle le démontre une nouvelle fois dans cette série que je relierai avec plaisir, à l’occasion !

Un commentaire sur “BILAN FÉVRIER 2019

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