Bilans mensuels·Manga·Non classé

BILAN JANVIER 2019 : CHRONIQUES EN VRAC

Chose promise, chose due : voici, avec un retard non-négligeable, mon bilan du mois de janvier 2019. Je reviens aujourd’hui sur les premiers et derniers volumes que j’ai pu découvrir le mois dernier ; en espérant que cela vous plaise ! Outre Elin, la charmeuse de bêtes qui a eu droit à son article dédié, j’ai pu découvrir…


Beastars #1-2

Beastars-1-kioon Fort d’un trio de protagonistes à l’écriture particulièrement subtile, dense et réussie, Beastars fait l’effet d’une véritable bouffée d’air frais sur le marché du manga francophone. Puisant tour à tour dans le thriller fantastique, le school-life, la fable moraliste et la comédie romantique, Paru Itagaki parvient à insuffler une énergie unique à son œuvre, et à la concentrer efficacement en un panel d’intrigues mettant en avant les rapports humains au travers d’interactions, d’introspections et d’images très bien construites. Toutes ces qualités sont assurées par une mise en scène impeccable, l’autrice excellant dans l’installation d’ambiances diverses auxquelles un découpage travaillé et un trait vif et crayonné confèrent une sincérité frappante. La lecture de ces deux premiers volumes est à la hauteur de toutes les espérances que l’on était en droit de s’être forgé à l’égard de ce titre, qui marquera immanquablement l’année 2019. Addictif, intelligent et attachant : Beastars a tout pour rencontrer le succès qu’il mérite !

Biomega #1-2-3-4-5-6

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Si Biomega est de toute évidence dans l’ombre des chefs d’œuvres de son auteur – Blame en tête -, il ne démérite nullement, parvenant à explorer en profondeur la richesse d’une narration quasi-exclusivement silencieuse et ne se concentrant pas sur de l’exploration, comme c’était le cas dans Blame. Si le manga est imparfait, notamment du fait d’une intrigue un peu trop simple et d’une maîtrise du rythme parfois inégale, la performance demeure très réussie, tant Tsutomu Nihei parvient à nous emporter dans une aventure futuriste mystérieuse, violente, et terriblement cool. Un titre qui satisfera amateurs comme néophytes de l’œuvre de ce grand nom de la science-fiction nippone.

Celle que je suis #1

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Courte tranche-de-vie touchante sur la découverte de la transidentité par une jeune femme japonaise des années 1980 ; Celle que je suis séduit de par sa justesse dans l’approche des thématiques LGBT+, sa protagoniste touchante et ses graphismes tendres et élégants. Si le manga joue par instants un peu trop sur un certain pathos qui peut, à certains égards, paraître hors-propos, s’en dégage une poésie indéniable et souvent très efficace. Contournant sans peine les quelques appréhensions que je pouvais avoir à son égard, Celle que je suis offre un premier volume plutôt séduisant, qui laisse penser que ce manga saura, sans atteindre l’excellence d’Éclat(s) d’âme, faire honneur à son propos.

Devils’ Line #1-2-3-4-5-6

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Si ma première lecture de Devils’ line m’avait particulièrement ennuyé, cette seconde tentative, permise par la parution d’un pack regroupant les deux premiers volumes à prix réduit, s’est avérée bien plus fructueuse ! Le manga souffre d’un certain amateurisme, au niveau du rythme, notamment sur les premiers volumes, mais aussi des graphismes très inégaux ; contrebalancé par une grande richesse dans l’écriture des personnages et de la trame narrative principale. L’appropriation du mythe vampirique est originale et très plaisante, entrant en confrontation avec une modernité complexe et des complots politico-scientifiques passionnants. Une fois lancé, difficile de s’arrêter…

Fleurs de l’ombre #1

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Abordant frontalement les questions de la place de la femme dans un Japon traditionnel des années 1970, Fleur de l’ombre reprend de nombreux éléments emblématiques de l’œuvre de Kazuo Kamimura –héroïne tragique en quête d’indépendance, poésie lyrique, approche des thématiques LGBT+, critique sociale, etc.- et les décline en un récit particulièrement touchant et réussi. Néanmoins, une certaine amertume pessimiste tend à nuancer le propos, rendant l’héroïne parfois quelque peu ridicule (mais il m’est difficile de dire si l’auteur fait cela à dessein ou non…). Sans surprise, les graphismes du dessinateur n’ont rien perdu de leur superbe et résonnent toujours en écho idéal, à la lisière du fantastique, à la matérialité dure et froide du monde cruel qu’il dépeint.

Jagaaan #1

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À la lecture de Jagaan, difficile de ne pas penser à Gantz, manga culte de Hiroya Oku. À mon sens, le titre a raison de se revendiquer de cet héritage, et parvient en effet à être aussi creux, inintéressant et réactionnaire que son prédécesseur. Outre la mollesse et la médiocrité du concept initial, le titre recèle quelques qualités, notamment un dessin dynamique et impressionnant. Celles-ci sont néanmoins anéanties par des personnages ridicules, des situations invraisemblables, et un assemblage bancal de propos éparpillés qui, si certains sont assez plaisants (notamment lors de la scène avec le chef d’entreprise), demeurent presque tous des poncifs sexistes, pessimistes et déprimants sur la nature humaine. À éviter.

Journal d’une vie tranquille #1

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Tetsuya Chiba (Ashita no Joe, etc.) se livre dans une autobiographie en trois temps, dans laquelle il aborde avec recul et humilité sa jeunesse en Chine, sa carrière et sa vieillesse. L’ouvrage, tout en couleur, se structure autour de très courts souvenirs enchâssés – tantôt comiques, tantôt tragiques, souvent très sages. Fort d’une justesse de ton inébranlable, le manga relève d’une véritable catharsis pour son auteur, et parvient dans le même temps à toucher le lecteur au travers de sa nature de témoignage d’une époque tourmentée, de recueil d’anecdotes sur le microcosme du manga, de pensées sur la vie et sur le monde. Vega signe, une nouvelle fois, un très beau manga.

L’Île aux chiens

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Adapté du film d’animation du même nom de Wes Anderson, L’Île aux chiens est un ouvrage très court et relève davantage de l’hommage que de l’adaptation véritable. En effet, le manga se révèle relativement décevant, compte tenu de son auteur et de ce qu’il aurait pu être si celui-ci l’avait voulu. En effet, le volume laisse l’impression de se cantonner au statut de synopsis du métrage, en survolant les moments clefs sans jamais s’appesantir ni développer quoi que ce soit. Une œuvre assez pauvre, à réserver aux fans de Minetaro Mochizuki ou du film original, et qui a tout de même pour elle la ligne claire impeccable de son auteur, pas moins génial.

Les Fleurs du mal #1

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Ayant déjà collaboré à l’occasion du Fleuve Shinano, Kazuo Kamimura et Hideo Okazaki joignent à nouveau leurs plumes pour nous offrir les Fleurs du mal, un récit sombre, particulièrement violent, dépeignant les tortures quotidiennes d’une jeune femme sous le joug d’un tortionnaire influent. Difficile d’avoir un avis arrêté sur le titre à la seule lecture de ce premier volume, tant celui-ci est absolument écœurant dans les violences sans nom qu’il dépeint mais semble vouloir développer un sous-texte politique qui, pour peu que le second volume se charge de l’étoffer, pourra conférer à l’œuvre une portée plus ambitieuse que celle, peu glorieuse, qu’elle a à ce stade. Toutefois, l’héroïne ne semble pas saisir les nombreuses occasions qu’elle a de se rebeller, et cherche plutôt l’exercice d’une domination au sein de sa relation avec son tortionnaire. Le propos est donc des plus ambigus. Quoi qu’il en soit, je ne peux, à ce stade, conseiller Les Fleurs du mal qu’aux amateurs du travail de Kamimura ayant le cœur bien accroché – à titre de comparaison, le manga me secoue beaucoup plus que n’importe quel titre de Maruo.

My Home Hero #1

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Thriller policier très attendu par nombre d’amateurs du genre, My Home Hero déconcerte quelque peu de par son ton étonnamment léger. En effet, ce premier volume souffre d’un humour bien trop présent, nuisant fatalement à une immersion complète dans ce récit aux tenants et aboutissants pourtant matures et pas inintéressants. Si l’intrigue demeure très classique, elle est dynamisée par une tension assez bien mise en scène, au travers de situation bien construites qui savent capter l’attention du lecteur ; à l’inverse des personnages, trop creux et stéréotypés, qui ont du mal à éveiller une once d’intérêt chez le lecteur. Une lecture en demi-teinte ; ni convaincante, ni décourageante.

Number 5 #1-2

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Number 5 tient place d’OVNI dans l’œuvre de Taiyo Matsumoto, qui s’essaye pour la première fois aux genres du fantastique et de l’action. Absolument saisissante, la série fait honneur à sa réputation en développant une palette de protagonistes charismatiques, mystérieux et séduisants ; ainsi qu’un univers déconcertant, à la croisée des influences – tant graphiquement que narrativement. Dans sa seconde partie, le manga prend une tournure métaphysique plus apaisée et proche des terres connues de l’auteur. D’une intertexutualité incroyable, cette fugue se dévore au rythme des balles qui fusent et des motos qui vrombissent… un régal !

Éveil #1

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Servi dans une édition de luxe admirable, ce court one-shot à l’atmosphère ésotérique et cabalistique est une pure merveille de symbolisme et de poésie. Matsumoto y explore un trait obscur, gras et virtuose, et le met au service d’une fable familiale dépaysante, mobilisant cultes et traditions fictifs pour un résultat touchant, puisant tant dans le merveilleux que dans le tragique. Relativement en marge de l’œuvre de son auteur (même si mobilisant un certain nombre de motifs inhérents à celle-ci), Éveil est un titre à lire et à posséder absolument.

Spinning

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Tillie Walden signe avec Spinning une autobiographie qui touche au chef d’œuvre. Je peine à mettre des mots sur cet ouvrage, tant celui-ci aura fait écho à mon propre vécu, mais surtout, se sera imposé comme un bijou d’une pureté graphique et narrative impressionnante. Chaque dialogue, chaque case, recèle une poésie fascinante ; l’autrice parvient à faire de son quotidien une fantaisie hors du temps, et s’adresse au lecteur d’une manière toujours extrêmement juste et poignante. Vraiment, c’est un ouvrage sur lequel je m’épancherai ailleurs, autrement… il me faut un peu de temps pour digérer cette bande-dessinée qui compte assurément parmi mes les belles lectures qu’il m’ait été donné de faire.

Giant Days #1

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Peut-être un poil survendu, Giant Days est une comédie sympathique mais manquant encore de caractère. Porté par un trio d’héroïnes attachantes et un humour qui peut faire sourire, ce comics a pour lui un fort potentiel qui ne demande plus qu’à se développer au fil des volumes suivants, qui me satisferont encore davantage, je l’espère. Un titre tendre, tout de même, à essayer.

 

 

La Fille dans l’écran

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Romance lesbienne, écrans interposés, et art sont au programme de La Fille dans l’écran, une bande-dessinée qui aura fait pas mal de bruit le mois dernier. Si l’écriture à quatre mains ainsi que le duo d’héroïnes auront su me séduire, je regrette que la romance soit, à bien des égards, assez convenue et facile. Néanmoins, une jolie histoire d’amour et de passage à l’âge adulte, à laquelle l’on pourrait également reprocher une conclusion un poil expéditive.

 


Encore une nuit blanche ! #3

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Encore une nuit blanche ! s’offre un dernier volume tonitruant, drôle et plein de bons sentiments ! Je regrette la conclusion expéditive de la romance secondaire, mais suis tout de même très content de cette série qui, de bout en bout, aura su proposer un divertissement fantastique mignon et efficace !

 

 

 

 

2 commentaires sur “BILAN JANVIER 2019 : CHRONIQUES EN VRAC

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