Bilans mensuels·Manga·Non classé

BILAN SEPTEMBRE 2018 : CHRONIQUES EN VRAC

Octobre pointe le bout de son nez, et voici venue l’heure du bilan pour un mois de septembre riche en lectures en tout genre. À l’occasion de la nouvelle année (scolaire), je revisite (et optimise, je l’espère) le format des bilans mensuels. Désormais, je vous proposerai de très courtes chroniques de tous les premiers et derniers volumes lus au cours du mois et n’ayant pas déjà été évoqués par ailleurs sur le blog. L’occasion pour moi de vous donner mon avis sur un plus grand nombre de mes lectures (et en particulier sur toutes les nouvelles séries que je découvre), et pour vous, peut-être, de cerner davantage un manga qui vous ferait envie !
Dites moi si cette nouvelle formule est à votre goût ! Sur ce, bonne lecture !


Outre Contamination, Noise et Greateful Dead, qui ont chacun eu droit à leur article dédié sur le blog ; en septembre, j’ai pu découvrir un certain nombre de nouveaux mangas !

Battle Royale #1

battle-royale-utimate-1-soleilBattle Royale, pierre angulaire du genre survival, ressort chez Soleil en format double. Critique acerbe d’une société qui met en exergue la concurrence et l’individualisme, notamment chez les jeunes, Battle Royale nous introduit à un univers impitoyable où l’espoir tient place d’illusion perdue. Dès ce premier volume, quelques scènes marquantes et particulièrement graphiques n’ont pas de mal à s’imprimer dans l’imaginaire du lecteur, mais – et contre toute attente – les auteurs s’essayent également à une poésie tragique aux accents fatalistes réussie, qui met en exergue le propos et confère en humanité à ce récit profondément brute, viscéral, parfois même à la limite de l’insoutenable. Au milieu du carnage, le manga s’attache à nous dépeindre un certain nombre de profils pour la plupart très bien écrits, nuancés, aux motivations et idéaux divers, s’inscrivant encore davantage dans un réalisme thématique qui fait froid dans le dos.
Si certains éléments peuvent paraître quelque peu datés (le sexisme, l’homophobie, etc.), reste que ce premier double-volume ne démérite pas et propose une entrée en matière plus que convaincante !

Errances d’Emanon

errances-emanon-Ki-oonEncore plus intimistes, contemplatives et touchantes que leur prédécesseur, les Errances d’Emanon frappent fort, si fort qu’elles contaminent quelque peu le lecteur de leur silence, et l’abandonnent quasi sans voix. Kenji Tsuruta renoue avec une puissance de la nature, du corps, et du mouvement. Chaque planche relève du portrait, chaque regard exprime tout un drame, chaque silence raconte un poème triste et doux qui ne manquera pas d’atteindre les amoureux de l’auteur. Le personnage d’Emanon atteint une nouvelle dimension, plus conceptuelle, s’inscrivant dans une historicité plus concrète – à la fois paradoxale et inévitable – et mérite sans conteste de figurer parmi les figures les plus marquantes de la bande dessinée de ces dix dernières années. Enrichi de plus de 70 pages en couleur, l’ouvrage vaut son prix, et invite à une promenade dans les hautes sphères d’un onirisme rarement atteint.
Un one-shot absolument remarquable, véritable bijou d’émotion, saillant, philosophique, et qui vous prend aux tripes. Un indispensable de cette année 2018 !

Letter Bee #1-2-3

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Ces trois premiers volumes posent les bases d’un univers nocturne, glacé et dépressif, servi par des visuels très contrastés, et qui rompt avec une certaine légèreté du récit qui se calque sur celui de nombre de shonen d’aventures, ainsi qu’avec le design candide des personnages principaux, très jeunes (à tous ces égards, Letter Bee n’est pas sans rappeler Fragment, de Shin Takahashi). Si l’alchimie ne fut pas immédiate, je commence à réellement m’attacher au protagoniste et à ses aspirations. L’auteur fait montre de jolies trouvailles dans le traitement symbolique de ses thématiques, et le ton doux-amer témoigne d’un savant mélange d’émotion et de captation du lecteur. Si ce voyage fantastique débute à peine, je l’envisage déjà très beau et humain

L’Auto-école du collège Moriyama

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Avec L’Auto-école du collège Moriyama, Keiko Shinzo (Tokyo Alien Bros., Holiday Junction) aborde non sans humour et sensibilité la délicate étrangeté des rapports humains au sein d’un microcosme hétéroclite et surprenant. Entre incompréhension et communion, le manga tire le portrait de jeunes marginaux qui s’affrontent, rient, et pleurent ensemble.
Une tranche de vie comme un diamant brut, qui donne à voir le trait plus primitif d’un Shinzo en début de carrière, et se dévore d’une traite !

 

La Fille du temple aux chats #1

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Dans la droite lignée de tranches de vie rurales telles que  Flying Witch ou Au grand Air, La Fille du temple aux chats est une lecture efficace, positive, drôle et surprenante. Il faut dire que les personnages y sont pour beaucoup ; plus réalistes que dans certains autres titres du genre, ils conservent un côté décalé et amusant qui ressurgit quand le lecteur s’y attend le moins. Ce premier volume fait preuve d’une véritable puissance atmosphérique, sans doute due à la patte fine et détaillée de son autrice qui, contre toute attente, ne manque pas une occasion de s’attarder sur les formes de son héroïne (ce qui n’a pas manqué d’en agacer certains). Aussi, quelques situations un poil grivoises viennent s’immiscer dans le récit qui prend doucement la voie de la comédie romantique… voire érotique (selon ce que se permettront les prochains volumes).

Fool’s Paradise #1

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Derrière le divertissement aguicheur, une critique sociale pour le moment très ambiguë. L’auteur analyse le fétichisme des célébrités, et le met intelligemment en perspective avec une situation de crise économique et sociale. Toutefois, j’émets quelques réserves concernant la remise en cause de la justice réhabilitative, puisque pour le moment, difficile de dire si le mangaka milite pour son développement et son assainissement ou la juge dangereuse. Impossible, alors, de savoir sur quel pied danser.
Reste que sur le plan du divertissement pur et simple, Fool’s Paradise se montre pour l’instant très entrainant, l’auteur nous gratifiant d’une narration rythmée, et enrichissant son intrigue de nouveaux éléments très prometteurs en fin de volume, qui donnent envie de découvrir la suite !

Goodnight, I Love you… #1

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Poignant de bout en bout, ce premier volume de Goodnight, I Love you… emmanche un périple intimiste et questionne avec justesse les thématiques du deuil (respecter les dernières volontés du défunt à tout prix ?), de la famille (définie par le sang ou bien par l’affect ?) ou encore de l’homosexualité (comment devenir plus tolérant ?). La relation fraternelle déchirée, au cœur du récit, est traitée avec brio au travers de dialogues fins et sensibles, sans jamais tomber dans le larmoyant.
Un manga tendre, bienveillant, et dans le fond assez irréprochable.


Rien ne fera venir le jour

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Recueil de témoignages factieux et terribles d’authenticité, Rien ne fera venir le jour, seconde anthologie dédiée à Yoshihiro Tatsumi (père du gekiga) à paraître chez Cornélius, est en tout point brillante. Le maître y effectue un réel travail d’historien, dépeignant, au travers de courtes fictions dramatiques, le malheur des laissés pour compte d’une génération agitée par les bouleversement socio-culturels provoqués par l’occupation américaine. La traduction irréprochable de Fusako Saito et Lorane Marois fait honneur à la poésie de certaines tirades, et l’édition de luxe vaut, comme toujours, bien son prix. Un ouvrage essentiel à tous les amoureux du gekiga et du travail de Yoshihiro Tatsumi.

@Ellie #1

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Une nouvelle fois, Kana nous déniche une romance mignonne, prenante, et un brin délurée (à l’instar de Irrésistible, que j’évoquais en juin dernier). À bien des égards classique, @Ellie se démarque par le hobby de son héroïne, qui partage ses fantasmes anonymement sur les réseaux sociaux. Les personnages transgressent bien vite leurs apparences stéréotypées, l’héroïne se montrant bien plus mature et opiniâtre qu’il n’y parait, et son prince bien moins charmant qu’elle ne le croit. Déjà, des rapprochements s’effectuent au travers d’instants intimes et riches en émotion dont l’autrice maîtrise parfaitement la mise en scène. Une jolie trouvaille !

Marion #1

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Sous la plume de la jeune Yuu Hikasa, un Paris des années 1940, vivant et réaliste, se fait le théâtre d’un drame à la française : celui de Marion, jeune orpheline vivant seule à la capitale et rêvant d’un jour briller sur les planches.
Ce premier volume, très réussi, nous introduit à une héroïne au fort caractère, dont la détermination transparait d’un design bien souvent envoûtant (pour une seconde œuvre, la mangaka fait déjà preuve d’une finesse graphique enviable). C’est toute la peinture d’un Paris à l’orée de son occupation qui prend vie dans ce manga qui semble savoir composer avec le peu de pages qui lui sera attribué (série bouclée en deux volumes), proposant une histoire plus dense et moins naïve qu’il n’y parait d’abord, développant un panel thématique intéressant, et rayonnant grâce à son héroïne bien campée !

Ginza Neon Paradise

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Pour son premier titre dans le catalogue de Taïfu, Unohana (The Dog and the Waning moon, etc.) nous offre une romance sans doute trop classique mais plutôt bien exécutée et plaisante à suivre. Un intérêt particulier réside dans la toile de fond historique du manga, qui effleure les tensions entre le Japon et son occupant au sortir d’un conflit ravageur qui tient une place de choix dans le récit.
Rien de transcendant, mais une lecture agréable, douce, et joliment dessinée.

 


Drop Frame #4

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Ma chronique des tomes 1 et 2.

Fin de parcours pour Drop Frame qui se paie le luxe de proposer une conclusion à la fois cohérente (dans les grandes lignes), surprenante, et satisfaisante. Ce thriller horrifique aura su, en peu de volumes, explorer avec intelligence la thématique du voyage dans le temps au travers d’une intrigue policière forte, bien rythmée, et émouvante. Une très bonne surprise du catalogue de l’éditeur, que je vous recommande sans hésiter !

 


Rudolf Turkey #7

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Gond Land referme ses portes sur un ultime opus explosif. Le lecteur renoue une dernière fois avec l’adorable bande d’excentriques de Rudolf Turkey, son univers pop chaleureux, et sa bienveillance.
Une résolution à la hauteur de mes espérances, qui vient mettre un terme à une excellente série qui ne pourra que séduire les amateurs de récits électriques et cool.

 

 


– Les coups de cœur du mois –


Voilà qui boucle le mois de septembre 2018 !
N’hésitez pas à me communiquer vos impressions sur ce nouveau format, mais également à me dire si l’un des titres présentés vous fait envie !

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