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L’ÉTÉ EN BOY’S LOVE !

Si les vacances touchent à leur fin pour certains d’entre nous, les lectures d’été, elles, restent encore de saison le temps de quelques semaines ! Aussi, je vous délivre aujourd’hui mon avis sur 4 nouveautés boy’s love paru au cours des deux derniers mois ! Il y en a pour tous les goûts, et j’espère que vous y trouverez votre compte !


– La Forêt des roses –

Fiche Technique

Autrice : Haruko Kumota

Genre : Fantastique/Drame/Quotidien/Histoires courtes

Éditeur VF : Boy's Love IDP

Nombre de tomes parus : 1 (1 fini au Japon)

Prix : 7,95€

Yô vit avec un vampire. Un vampire bien loin des clichés fictifs qui, s’il boit du sang, préfère cultiver de magnifiques rosiers. Derrière leur relation, il y a un mystérieux système de réincarnations, la malédiction des êtres immortels, et beaucoup de choses encore que Yô ignore. Pourtant, il a déjà choisi sa voie.

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Loin d’être un grand fan du précédent boy’s love de l’autrice, Shinjuku Lucky Hole, je me lançais dans La Forêt des roses avec quelques appréhensions légitimes. Autant dire que celles-ci furent bien vite balayées par l’émotion suscitée à la lecture de ces nouvelles à l’écriture brillante et à la mise en scène fouillée.

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Dans ce recueil, pas moins de 4 histoires courtes que j’aurai toutes appréciées pour des raisons assez différentes (ce qui est rare et mérite d’être noté). L’autrice parvient à mêler érotisme et poésie au sein de récits tantôt fantastiques, tantôt plus réalistes, mais toujours assez originaux pour ne pas sembler réchauffés. Chacun présente des personnages aux originalités plaisantes, qui parviennent à trouver une certaine profondeur malgré le peu de pages qui leur est alloué. C’est notamment le cas dans la première nouvelle, la plus tragique et lyrique, au final poignant, mis en exergue par les audaces visuelles bien trouvées de la mangaka. Le titre regorge donc d’une douceur brumeuse, en partie due à la délicatesse des traits diaphanes et langoureux de sa dessinatrice, mais qui trouve aussi écho dans les relations tendres et surprenantes qui se tissent au fil des pages.

En somme, La Forêt des fleurs est un véritable coup de cœur ! Ce recueil sait se renouveler tant dans ses scénarios que dans ses scènes de sexe et les fantasmes qu’elles exploitent. Un one-shot aux grandes qualités stylistiques que je ne saurais trop vous recommander !


– Le Théâtre des fleurs –

Fiche Technique

Autrice : Isaku Natsume

Genre : Romance/Quotidien/Comédie

Éditeur VF : Taïfu

Nombre de tomes parus : 1 (3 en cours au Japon)

Prix : 8,99€

Sôgorô est l’héritier d’une des familles les plus connues du monde Kabuki. Le jeune homme n’a aucun intérêt pour d’autres acteurs de son âge à l’exception de Gensuke qu’il reconnaît comme son rival.
Obsédé par l’idée de ne pas se laisser dépasser par ce dernier, il fait tout ce qu’il peut pour maintenir son statut de prodige de la scène.
Cependant, le destin lui joue un tour cruel et nos protagonistes se retrouvent camarades de classe… Pire ! Ils vont devoir travailler ensemble pour une représentation…
Est-ce que leur entente restera si cordiale ou se dépasseront-ils ?!

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J’aime les romances qui sortent de l’ordinaire, de par leur traitement ou le milieu thématique dans lequel elles s’inscrivent. Avec Le Théâtre des fleurs, Isaku Natsume nous plonge dans l’univers du Kabuki, théâtre traditionnel japonais. Un parti pris intéressant mais selon moi trop peu exploité dans ce premier volume, tant celui-ci peine à y tenir quelque autre rôle que celui de prétexte à la réunion de deux personnalités opposées, sinon même rivales. Les rapprochements sensibles entre les deux adolescents prenant place lors des moments de jeu sont à mon sens trop éludés, et je pense qu’il serait intéressant de les explorer plus en profondeur, tant ils semblent être tout désignés pour amener en subtilité à la romance et à l’œuvre dans son ensemble. Mais s’il n’apporte pas la poésie qu’il devrait, le Kabuki justifie efficacement des situations qu’il aurait été plus difficile d’amener autrement, et sert ainsi l’intrigue (se faisant aussi miroir de la relation entre les deux héros).

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Si le titre me déçoit quelque peu de par l’effacement regrettable de ce qui semblait être sa thématique principale, il fait montre de qualités multiples qui en font une lecture divertissante. La mangaka parvient à écrire un couple de personnage rivaux (mais qui se respectent) tout en montrant leur lent rapprochement sentimental. Il est rare qu’un sentiment prenne le dessus sur l’autre (et ce sont là les plus beaux moments), et leur relation, assez indéfinie, reste des plus fragiles (ce qui ajoute en tension et en enjeux aux péripéties traversées). Par ailleurs, le rythme soutenu et l’intensité des situations mises en scène parviennent à rendre la lecture captivante, et c’est au final plus la relation que les personnages en eux-même, assez peu originaux et attachants, qui passionneront le lecteur.

Visuellement, si la couverture vend du rêve, l’intérieur est bien plus fade. Le design des protagonistes est très réussi et vivant, mais les arrière-plans sont souvent bien vides, ou comblé par quelques trames hasardeuses qui n’apportent pas grand chose à l’ambiance. Les scènes de Kabuki ne sont aucunement valorisées par quelque effet de mise en scène que ce soit, et même les costumes des personnages, pourtant très beaux sur les couvertures, se limite à des trames ou à des aplats de gris à l’intérieur de l’ouvrage.

Le Théâtre des fleurs est donc une petite déception. Loin d’être mauvais, le titre peine à répondre à toutes mes attentes. On est au final confronté à une romance classique et efficace mais qui souffre d’un certain manque d’originalité. Assez pour passer un agréable moment, mais pour le moment trop peu pour y revenir et vraiment se prendre au jeu… À voir selon comment cela évolue !

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TOME 2 PRÉVU POUR LE 29/09/2018


– Ne me quitte pas –

Fiche Technique

Autrice : Hagi

Genre : Romance/Quotidien

Éditeur VF : Taïfu

Nombre de tomes parus : 1 (1 fini au Japon)

Prix : 8,99€

Tajima ne voit jamais personne pleurer, les seuls souvenirs qu’il a d’un tel spectacle remontent à l’enfance. Alors, quelle surprise quand il aperçoit un des élèves de son lycée, Koga, sangloter dans la cour… Leur rencontre fait suite à un malheureux concours de cironstances : le chat de Tajima serait responsable de la mort du poisson rouge de Koga. En tentant de le lui avouer, il va finalement découvrir la vérité cachée derrière ses larmes. Un secret qui va les rapprocher.

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Une romance classique traitant des prémices d’un amour, en voilà une autre, mais qui m’aura plu bien davantage. Ne me quitte pas est un manga au rythme tranquille et à l’atmosphère silencieuse et délicate. La récurrence des ambiances aquatiques achève de plonger le lecteur dans un univers fluide et serein. Qui plus est, la mise en scène de Hagi (qui signe ici son premier volume relié) regorge de qualités. Découpages et angles de vue variés et évocateurs, utilisation réfléchie du blanc et du vide, trames liquides et scintillantes… Ménageants les grands effets, la mangaka compose des planches immersives et agréables à parcourir.

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Les personnages laissent aller leurs émotions et font preuve d’une franchise qui les rend vite attachants. Surmontant les péripéties et les maladresses, la romance éclôt et se suit avec plaisir, au fil d’instants de vie hésitants et de dialogues doux et mignons ! Les jeunes garçons se cherchent et découvrent l’amour à deux, sous la plume épurée d’une mangaka au plus proche de ses personnages, aux expressions riches et mélancoliques.

Sans extravagances ni artifices, Ne me quitte pas est une lecture honnête et apaisante portée par un duo de personnages bien écrits et une atmosphère embrumée tout à fait ravissante. Un titre que je vous recommande grandement si vous êtes à la recherche d’un manga tendre, agrémenté d’une pointe d’humour et de bons sentiments.


– A Beautiful Sunny Day –

Fiche Technique

Autrice : Aki Ueda

Genre : Romance/Quotidien/Drame

Éditeur VF : Taïfu

Nombre de tomes parus : 1 (1 fini au Japon)

Prix : 8,99€

Le métier de Harehito et Ôjirô consiste à récupérer des objets cassés. Si les mains de Harehito peuvent retaper la plupart des choses, il en est certaines qu’il est incapable de réparer… comme le cœur brisé d’Ôjirô. Depuis le jour où Harehito a « ramassé » Ôjirô, les deux hommes ne se sont plus jamais quittés, arpentant les routes à la recherche d’objets à restaurer afin de leur accorder une nouvelle vie. Si les jours se ressemblent, les deux récupérateurs ne sont pas à l’abri de quelques surprises susceptibles de leur rappeler certains souvenirs passés…

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A Beautiful Sunny Day nous invite à suivre le quotidien de deux hommes au hobby des plus particuliers : la récupération et la réparation d’objets en tout genre. Une trouvaille thématique intrigante et intelligemment explorée par la mangaka, qui fait de cette occupation un miroir des relations humaines et amoureuses.

En peu de pages, le manga parvient à développer un récit dense. Harehito et Ôjirô ont tout deux droit à une écriture en profondeur, qui les rend humains, adultes, et sert leur romance, lui conférant une force propre aux passés douloureux. Les conditions de leur rencontre, passifs et caractères nous sont révélés au compte-goutte, renforçant l’attrait et l’attachement du lecteur pour cette aventure dramatique et tranquille. Loin d’apparaître comme deux opposés qui s’attirent, nos deux héros se complètent et se « réparent » l’un l’autre d’une jolie façon.

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La mangaka enrichit son œuvre d’un trait riche et d’une mise-en-scène élégante. Si je ne suis, à titre personnel, pas fan du design des protagonistes, force est d’admettre que le cadre côtier et très bien rendu, l’autrice usant de différentes trames et aplats pour créer des effets de profondeur réussis. Le découpage est minutieux et insiste parfois sur le mouvements des corps avec finesse. À noter, également, des variations dans le dessin à une occasion particulière (moment clef du récit), où le coup de crayon se fait étonnamment vif et énergique, à la limite du crayonné.

Aki Ueda livre donc un one-shot poignant, subtil et bien écrit. Une lecture à recommander aux amateurs et amatrices de récits courts et matures, réalistes et humains.


Voilà tout pour aujourd’hui ! J’espère que la brièveté des chroniques ne vous empêchera pas d’aller jeter un œil à ces quatre titres qui ont chacun leurs qualités !
À très vite sur le blog (ou ailleurs…) !

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3 commentaires sur “L’ÉTÉ EN BOY’S LOVE !

  1. Je suis moins sévère que toi contenant Le théâtre des des fleures mais je comprends ce que tu reproche au titre. Personnellement ne connaissant pas vraiment le kabuki, au-delà de sa définition et quelques bribes d’images, j’ai apprécié que le ce tome 1 ne donne pas X informations sur cet art. Ça évite de surcharger le tome, puise qu’il mise surtout sur l’introduction des héros. Mais, j’attends de voir comment évoluera le récit, et oui je pense que s’il ne dévoile pas + d’infos sur le kabuki je finirais déçue/frustrée.

    Rien à redire sur Ne me quitte pas et à beautiful sunny day. Deux lectures magnifiques en tout points.

    Aimé par 1 personne

    1. Je comprends ce que tu veux dire. Mais à mon sens (et attention, c’est subjectif, ce que MOI j’attendais de la lecture), un peu de développement de cet art n’aurait pas dérangé, aurait amené en poésie au titre et au rapprochement des personnages…

      On est d’accord !

      Aimé par 1 personne

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