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CES MANGAS QUE J’AIMERAIS VOIR EN FRANCE #2

Histoire de rompre un peu la monotonie installée sur le blog depuis quelques semaines, et puisque le premier article de ce genre (à retrouver ici) semble vous avoir plutôt plu, c’est pour vous présenter 7 mangas dont j’attends la publication en France que je vous retrouve aujourd’hui !


Sabishisugite Lesbian Fuzoku Ni Ikimashita Report – Kabi Nagata

Manga autobiographique sur le quotidien d’une mangaka lesbienne, le one-shot Sabishisugite Lesbian Fuzoku Ni Ikimashita Report (paye ton titre à rallonge) jouit d’un immense succès au Japon et dans les pays où il s’est vu exporté. Une suite est  actuellement en cours avec deux tomes. Ici, c’est évidemment le thème abordé, à savoir la vie de tous les jours d’une femme lesbienne au Japon, qui m’intrigue. Les couvertures semblent présager un ouvrage intime, drôle, et les retours dithyrambiques à son sujet le décrivent comme une lecture des plus pertinentes ! Quoi qu’il en soit, il est important que continuent de paraître des ouvrages avec de la bonne représentation LGBTQI, et ce titre semble tout désigné pour devenir, chez nous aussi, un futur best-seller !

Probabilité de sortie francophone : 95%

Puisqu’en effet, après un tel succès sur la scène internationale difficile d’imaginer que le manga ne finisse pas par nous parvenir (seulement, encore une fois, nous sommes les derniers servis…). Mais alors chez qui ? On pense tout de suite à Akata, en raison du Mari de mon frère et d’Éclat(s) d’âme, mais pourquoi pas quelqu’un d’autre… on verra, en temps voulu. Reste une petite chose qui pourrait remettre en cause la sortie du titre chez nous, c’est son dessin, dépouillé de tout ornement et finalement assez éloigné des codes graphiques du manga (ce qui n’est pas pour plaire aux éditeurs francophones, en général).


Innocents Shônen Jûjigun – Usamaru Furuya

Usamaru Furuya est sans conteste l’un de mes auteurs préférés, et je trouve dans chacune de ses œuvres des résonances qui me parlent énormément. Innocents Shônen Jûjigun est un triptyque qui a la réputation d’être l’une de ses meilleures séries, et pour en avoir vu passer quelques planches, sur twitter et ailleurs, je peux d’ores et déjà dire que visuellement épatant. Je ne sais pas grand chose à son sujet, sinon qu’il s’agit (sans doute ?) d’un récit historique (et c’est un univers dans lequel on a peu vu l’auteur, je serais curieux de l’y découvrir).

Probabilité de sortie francophone : 70%

Teasée à la fin du second volume de Notre Hikaru Club, la sortie de Innocents Shônen Jûjigun se fera chez IMHO ou ne se fera pas. Seulement voilà, l’activité de l’éditeur est ce qu’elle est, et il est à craindre que la traduction ne voit jamais le jour… il faudra alors se tourner vers l’édition espagnole.


Kuzu no Honkai – Mengo Yokoyari

Kuzu no Honkai semble avoir fait beaucoup de bruit au Japon et dans les pays où il s’est vu traduit. Si l’œuvre nous est accessible au travers de son adaptation animée, nous manquons cruellement du support d’origine, bien moins lisse et de fait, plus intéressant. Mengo Yokoyari y dépeint des romances torturées, avec un brin d’érotisme très bien écrit, plus profond qu’il n’y parait d’abord (d’après les dires des nombreux fans). Un travail à rapprocher de celui d’auteurs comme Shuzo Oshimi ou Inio Asano (qui signe d’ailleurs pour ce manga une superbe illustration), tant le titre est au carrefour de nombreuses lignes thématiques que l’on rapproche souvent de leurs écrits (puisqu’il est question de jeunesse, d’éveil à la sexualité, etc.). Difficile de juger davantage sans lire par soi-même, mais Kuzu no Honkai a de quoi titiller la curiosité du lecteur…

Probabilité de sortie francophone : 50%

Kuzu no Honkai s’est conclu l’année dernière avec son huitième tome mais n’en reste pas moins assez récent. Si l’érotisme du titre et ses couvertures un peu osées peuvent être difficiles à vendre chez nous, je pense que le succès de l’anime ferait un bon pilier dans la communication du possible éditeur (et c’est pour cela qu’il faut se dépêcher de le publier, avant que la diffusion ne date trop !!). Aussi, Delcourt/Tonkam a récemment publié No Control !, le dernier Lynn Okamoto (un peu nul, au demeurant) sur lequel Mengo Yokoyari officie en tant que dessinatrice, ce qui peut augurer un déblocage des droits des œuvres de l’autrice. Delcourt/Tonkam pourrait être attiré par le côté un peu coquin du manga (puisque l’éditeur semble enchainer les médiocrités perverses ces derniers mois… sur une méprise, ça peut passer). Autrement, je pense que c’est un titre qui aurait sa place au côté de Dans l’Intimité de Marie dans le catalogue d’Akata (quand bien même l’éditeur semble avoir quelque peu dévié vers des œuvres plus grand public). Il n’y a plus qu’à attendre et à croiser les doigts.

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Inio Asano illustre Kuzu no Honkai

Utsubora – Asumiko Nakamura

La carrière d’Asumiko Nakamura est bien loin de se limiter aux quelques titres qui nous sont parvenus (Doukyusei, Crazy Affair…), et quand bien même ceux-ci donnent à voir beaucoup de qualités de leur mangaka, le meilleur reste encore inédit. Utsubora, un polar à l’atmosphère romantique et torturée, fait partie de ces mangas qui manquent au paysage éditorial français. Des œuvres fortes, aux graphismes uniques et qui installent en quelques pages des atmosphères qui le sont tout autant. J’aimerais tant pouvoir découvrir cette facette plus sombre du travail de la mangaka, mais aussi ses girl’s love, ses comédies, ses fresques humaines… L’autrice est extrêmement prolifique (elle travaille sur 4 séries à la fois) !

Probabilité de sortie francophone : 40%

Malheureusement, les éditeurs francophones sont de plus en plus frileux à l’idée de publier des œuvres vraiment particulières, tant graphiquement que thématiquement. Dans l’art d’Asumiko Nakamura, et on le ressent déjà à demi-mot dans Doukyusei, il y a quelque chose de très organique, qui se rapproche presque de l’éro-guro dans la façon d’aborder le corps (il faut voir ses titres plus violents). Toutefois, on peut garder espoir. Le manga est paru l’année dernière en Espagne, et avec l’arrivée prochaine de Chi no Wadachi de Shuzo Oshimi, les éditeurs comprendront peut-être que les récits glauques et matures ont encore leur place en France. Utsobora s’intègrerait parfaitement dans le catalogue de Casterman, peut-être même d’Akata. Mais ce dont je rêve, moi, c’est d’une édition dans la collection Graphic de Pika…


Hôrô Musuko – Takako Shimura

Fleurs Bleues est de loin l’un des titres du catalogue de feu Asuka que je regrette le plus de ne pas avoir connu (avant que les tomes ne coûtent 100€ l’unité sur ebay…). Toujours est-il que le travail de Takako Shimura me fait de l’œil, une nouvelle fois pour les thématiques que l’autrice y aborde. Si Fleurs Bleues narrait, de ce que j’en sais, une romance entre lycéennes; Hôrô Musuko, lui, raconte le destin croisé d’une petite fille assignée garçon et d’un petit garçon assigné fille. Un manga en 15 volumes qui fait de la transidentité son centre névralgique… évidemment que je le veux chez nous (sans même mentionner le talent de la mangaka, renommée au Japon et dont le coup de crayon, expressif au possible, est à tomber) !

Probabilité de sortie francophone : 30%

Si certains jugent la publication de ce titre « trop risquée », je suis pour ma part convaincu qu’une bonne campagne de communication et un léger remaniement des couvertures suffiraient à en faire un carton. Le titre toucherait le même public qu’Éclat(s) d’âme ou Le Mari de mon frère, deux énormes succès du catalogue d’Akata, tant et si bien que je ne m’explique pas comment l’éditeur peut voir en ce titre un challenge… Et le truc, c’est qu’aujourd’hui, à part Akata, personne ne voudra sortir un manga ayant pour thème la transidentité (c’est nul, je sais…). Vraiment un titre qu’il serait bon de faire lire à certains (sinon à tout le monde), et qui ferait beaucoup de bien au marché francophone !


Girls’ Last Tour – Tsukumizu

J’ai découvert Girls’ Last Tour tout récemment, grâce à son adaptation animée. Le scénario original, propice au développement de réflexions métaphysiques passionnantes, ainsi que les architectures tortueuses de la mangaka (dont une des principales inspirations n’est autre que Tsutomu Nihei) me fascinent déjà. Une œuvre qui apparait d’ores et déjà unique.

Probabilité de sortie francophone : 20%

Difficile de dire si le manga a de quoi séduire les éditeurs francophones. L’atmosphère nihiliste et contemplative, couplée au coup de crayon atypique de l’autrice ne garantit pas un succès autre que d’estime. Toutefois, nous sommes  en droit d’espérer, puisque le titre connait une traduction anglaise, proposée par Yen Press. Je vois bien Girls’ Last Tour chez Akata (Magical Girl Holy Shit est publié dans le même magazine), Casterman, voire Kana ou Le Lézard Noir.


Tsukikage Baby – Yuki Kodama

Simplement parce que c’est Yuki Kodama, que les couvertures sont splendides, et que pour un pays qui se veut porte-parole de la diversité du shojo, ce genre de mangas manque atrocement.

Probabilité de sortie francophone : 15%

Pas de quoi être très optimiste, Kazé semblant avoir complètement oublié Kids on the Slope et l’existence de son autrice. Reste à espérer que son talent a été repéré par une autre maison (rebelote pour Akata, décidément…).


Voilà tout pour cette petite sélection ! J’espère qu’elle vous aura plu !
N’hésitez pas à donner votre avis sur ces titres (si vous avez pu y avoir accès), ou à partager en commentaires quelques mangas que vous aimeriez voir publier en France !

 

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Un commentaire sur “CES MANGAS QUE J’AIMERAIS VOIR EN FRANCE #2

  1. J’ai récupéré My lesbian experience with loneliness lors de mes vacances à Londres et c’est vraiment très bien, j’espère fort que ça arrivera en France. Par contre, ce n’est pas du tout le même style et le même propos qu’Eclats d’âme et Le Mari de mon frère !
    C’est moyennement drôle (disons que c’est un humour assez grinçant) et ça parle bien plus de la vie d’une femme anxieuse, dépressive et bouffée par la solitude que de l’homosexualité de la mangaka. C’est super qu’il y ait de la représentation LGBT+ dans des mangas dont le sujet est complètement autre d’ailleurs, mais il n’y a pas de militantisme* ici, au contraire des deux autres mangas cités ! Ça viendra peut-être avec la suite remarque, je n’ai lu que le premier tome.
    Disons que ça se rapproche plus de Bonne nuit Pun Pun ou de Bienvenue dans la N.H.K. que de Blue :p

    *par militantisme, j’entends du militantisme direct adressant de front les questions LGBT+, parce que bon, rien que l’existence de ce manga est militant en soit vu comme les lesbiennes sont invisibilisée.

    Je ne connaissais aucun des autres mangas, ça a l’air top ! J’espère qu’Akata publiera Horo Musuko, ça s’inscrirait bien dans leur ligne éditoriale plutôt inclusive.

    Aimé par 2 personnes

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