Et la suite ?·Manga·Non classé

ET LA SUITE ? #27 – TO YOUR ETERNITY, L’ÉTRANGER DU ZÉPHYR, ÉCLAT(S) D’ÂME

Bonjour à toutes et à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui pour parler des suites de 3 excellents mangas !


  • To Your Eternity #6
Fiche Technique

Autrice : Yoshitoki Oima

Type : Shonen

Genre : Aventure/Fantastique/Drame

Éditeur VF : Pika

Nombre de tomes parus : 6 (6 en cours au Japon)

Prix : 6,95€

Après avoir vaincu Imm en l¹endormant, Hayase tente de manipuler le peuple de Jananda

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Ma chronique du tome 1.
Ma chronique du tome 2.
Ma chronique du tome 3.
10 raisons de lire To Your Eternity.

Il est grand temps de faire le point sur un de mes plus gros coups de cœur de l’année dernière, j’ai nommé To Your Eternity !

Ce sixième volume offre une fin d’arc en tout point détonnante, impressionnante, qui ne pourra laisser le spectateur que subjugué. Imm, Tonali et leurs camarades se retrouvent confrontés à l’impétueuse Hayase, et tentent dans même temps de quitter l’île-prison de Jananda. Si le face-à-face du précédent volet entre le jeune être et sa némésis faisait déjà montre de grandes qualités d’écriture, ici, la relation entre les deux personnages s’intensifie encore au travers de quelques scènes aussi dérangeantes que puissantes. Le caractère d’Hayase se dégrade de tome en tome, et l’autrice parvient à dépeindre son abandon progressif dans la folie sans pour autant en faire un cliché de détraquée sanguinaire à la Joker. C’est, en somme, une antagoniste bien écrite, récurrente, qui apporte beaucoup à notre héros et concrétise son rapport à la mort et à la vengeance. Face à celle qui a tué de ses mains deux êtres qui lui sont chers, notre héros appréhendera sa colère d’une manière très saine et humaine (que je vous laisse découvrir) !

Mais d’autres personnages m’auront beaucoup marqué dans ce volume : Tonali et ses amis ! Déjà, il convient de mentionner leur classe folle au combat ! Les adolescents sont soudés, et nous apparaissent en quelques interventions très sympathiques, malgré un développement de fait limité (puisque seule Tonali est réellement mise en avant, jouant un rôle central dans l’intrigue).
La jeune fille, d’ailleurs, brille de part son courage à toute épreuve, renonçant à quitter l’île pour aller sauver Imm, concernée par la sureté de ses habitants, etc. Une cheffesse se révèle au fil des pages; une jeune femme qui, au travers de douloureuses expériences, se forge des convictions fortes !

Et quand je parle d’expériences douloureuses, je ne joue pas sur les mots ! Une nouvelle fois, l’autrice n’épargne pas ses lecteurs (et encore moins ses personnages), et autant dire qu’entre attaques de knockers et déchainement d’Hayase, le drame est omniprésent dans ce volume (bon, c’est un peu la marque de fabrique de la série, certes). Encore une fois, rien n’est gratuit, tire-larmes, et chaque moment d’émotion est sublimé par la plume fine d’une mangaka qui, au travers des malheurs qu’elle dépeint, souhaite faire passer de beaux messages d’humanisme et de camaraderie. Métaphoriquement, de nombreux thèmes sont abordés, mais je ne préfère pas trop m’attarder là-dessus afin de vous laisser entier le plaisir de la découverte !

La fin de ce volume se concentre davantage sur la relation entre Imm et la vielle Piolan, qui l’accompagne depuis pas mal de temps maintenant. Au travers de l’aboutissement de leur relation, la mangaka approfondit de nombreuses thématiques qui lui sont chères et en dévoile un peu plus sur le mystérieux homme en noir qui suit l’être depuis son arrivée sur Terre…

Une nouvelle fois, Yoshitoki Oima me frappe en plein cœur, et offre un volume d’une justesse irréprochable. J’attends de pied ferme le prochain, d’ores et déjà annoncé pour septembre (le rythme de parution se voit quelque peu ralenti suite à un léger report du tome 7 au Japon).


  • L’Étranger du Zéphyr #3
Fiche Technique

Autrice : Kii Kanna

Type : Boy's love

Genre : Romance/Tranche-de-vie

Éditeur VF : Boy's Love IDP

Nombre de tomes parus : 3 (3 en cours au Japon)

Prix : 7,95€

Lors de la journée portes-ouvertes à l’école primaire de Fumi, Shun et Mio tombent par hasard sur Wada, un ancien camarade de classe pour qui Shun avait des sentiments. Si ce dernier ne semble pas très emballé par ces retrouvailles, c’est loin d’être le cas de Mio. Le courant passe bien avec Wada et les deux jeunes hommes se retrouvent régulièrement pour discuter autour d’une tasse de thé. De son côté, le jeune écrivain sort un nouveau roman qui fait un véritable tabac ! Seule ombre au tableau : les journalistes ne lâchent plus sa famille d’une semelle, à l’affût du moindre détail croustillant sur sa vie privée !

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Ma chronique du tome 2.
14 romances pour la Saint-Valentin.

Quelle joie de retrouver Shun et Mio dans un nouveau volume qui sent bon le printemps !

Celui-ci ce découpe grossièrement en deux trames narratives : celle de Fumi, le petit frère de Shun, qui grandit et trouve petit à petit sa place dans sa famille d’adoption,  apprenant à rester fort face aux propos très normatifs de certains autres personnages concernant la famille; et celle de notre couple central.

Shun se questionne toujours sur l’épanouissement que lui procure sa carrière d’écrivain, et Mio quant à lui, se découvre une passion nouvelle pour la guitare (mise en avant sur la splendide couverture du volume). On en apprend davantage sur le passé de Shun au travers d’un nouveau personnage qui, s’il aurait pu jeter le trouble dans le couple (comme souvent dans ce genre de récit), ne fera qu’en renforcer la cohésion ! Le quotidien des deux compagnons est toujours aussi agréable à suivre, poétique et mignon ! J’aime toujours autant la vision réaliste des relations sexuelles proposée par l’autrice (pas très romancées, fantasmées), et pas à pas, le couple parvient à surmonter ses difficultés de ce côté là.
Au fil des conversations, la mangaka poursuit le développement de problématiques qui lui tiennent à cœur, et si je lui concède sans doute qu’elle a les meilleures intentions du monde, certaines remarques bien sexistes m’ont fait un peu tiquer…

Alors oui, je le répète : lisez la saga de l’Étranger ! C’est beau, poétique, drôle, reposant, intelligent, bien écrit… je pense que tout le monde y trouvera son compte ! Pour ma part, j’ai hâte de lire le tome 4, d’autant que la conclusion explosive du troisième annonce quelque chose de très intéressant concernant le personnage de Fumi, et amorce une ellipse qui permettra sans doute au récit d’évoluer dans de nouvelles directions !


  • Éclat(s) d’Âme #2
Fiche Technique

Auteur.ice : Yuhki Kamatani

Type : Seinen

Genre : Drame/Social/LGBT+

Éditeur VF : Akata

Nombre de tomes parus : 2 (4 fini au Japon)

Prix : 7,95€

Au contact des membres du salon de discussion, Tasuku a fini par s’accepter, mais surtout par accepter l’amour qu’il éprouve. Pour autant, il ne sait pas encore comment il doit se comporter au quotidien, auprès de ses camarades, mais surtout auprès de celui qu’il aime. Au contact de Misora, plus jeune membre du salon, mais aussi porteur d’un « secret » compliqué, le lycéen va continuer à se poser des questions…

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Ma chronique du tome 1.

Après un premier volume d’une justesse à couper le souffle, Éclat(s) d’âme offre un nouveau volet davantage tourné vers les questions du genre et de  la transidentité, abordées au travers du personnage de Misora, un.e jeune membre du salon qui se questionne sur son genre. À son contact, Tasuku trouvera sa place au sein du groupe et appréhendera des situations qu’il connaissait très mal. En dépit d’une bienveillance assurée et d’une volonté réelle d’aider Misora à se trouver, l’adolescent fera preuve d’une maladresse qui s’avèrera blessante. En parallèle, on suit notre héros qui petit à petit pense à s’assumer, ce qui est notamment visible dans le fait qu’il pousse Misora à le faire à tout prix (ce qui, nous le verrons, n’est pas toujours une bonne chose).

Si la focalisation évolue, le manga étendant sa réflexion à de nouveaux pans de la communauté, Éclat(s) d’âme reste d’une finesse peu égalée dans le traitement des sujets qu’il aborde. Le personnage de Misora est extrêmement touchant, et je trouve très pertinent d’avoir choisi d’aborder la transidentité au travers d’un protagoniste encore enfant. Ceiel-ci est intrigué par l’homosexualité de Tasuku, et pour cause, iel éprouve une aversion extrême envers le genre masculin. Traiter l’homophobie au travers du dégoût des hommes est original, mais surtout bien écrit et pertinent. Ce n’est pas tant l’homosexualité de Tasuku qui dérange Misora, mais le fait que l’on puisse en venir à aimer les hommes (de mon point de vue).

La question des violences sexuelles et donc des violences faites aux femmes sera évoquée d’une manière réaliste et tristement sincère dans les réactions souvent molles et culpabilisatrices envers la victime qu’elles engendrent.

D’autres questions plus ou moins évidentes sont soulevées : la nécessité des étiquettes, les différences entre travestissement et transidentité (très mal perçues par beaucoup, pas plus au Japon qu’en France, d’ailleurs); et, au travers de dialogue bien écrits, l’auteur.ice déconstruit les clichés les plus subtils liés aux personnes LGBTQ+, parfois mêmes présents et relayés au sein de la communauté (par exemple, la fausse corrélation entre identité de genre et orientation sexuelle : ce n’est pas parce que Misora se questionne sur son genre qu’iel pense être homosexuel).

Yuhki Kamatani redouble d’ingéniosité et de poésie pour coucher sur papier les émotions de ses personnages au travers de métaphores visuelles toujours aussi somptueuses et bien trouvées. Par son univers visuel vaporeux, aquatique, sensoriel et délicat, lu mangaka provoque toute une palette d’émotions très fortes chez son lecteur.  Difficile de ne pas être chamboulé face à certaines scènes d’une intensité absolument brillante.

Je résumerai en disant qu’Éclat(s) d’âme confirme sa perfection (pas ses qualités, sa perfection). Je ne pense pas qu’il soit possible d’écrire un jour un meilleur manga militant que celui-ci, tant il excelle sur tous les plans, ne commet aucun faux pas et transporte de par sa narration unique et sincère. Je suis bluffé par ce titre qui trônera assurément sur mon podium de l’année 2018.


Voilà tout pour aujourd’hui !
Ça fait du bien de parler de coups de cœur, d’être élogieux, mais ça ne m’aide pas à être moins bavard ! Excusez la longueur de ce biais, que je vous remercie d’avoir suivi jusqu’au bout !
À très vite sur le blog (ou ailleurs…) !

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2 commentaires sur “ET LA SUITE ? #27 – TO YOUR ETERNITY, L’ÉTRANGER DU ZÉPHYR, ÉCLAT(S) D’ÂME

    1. Je pense craquer pour une relecture d’ici la sortie du tome 7 !
      En tout cas je ne peux que t’encourager à poursuivre cette série au plus vite.

      J'aime

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