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DÉCOUVERTE MANGA #44 – MADE IN ABYSS

Fort d’une fanbase enthousiaste, forgée l’année dernière par un anime apparemment riche en qualités, Made in Abyss arrive vendredi chez Ototo. Le manga est donc très attendu par les fans de la licence, mais aussi par de nouveaux lecteurs envieux de la découvrir, et dont je fais partie ! Ce premier volume, lu d’une traite, aura-t-il su être à la hauteur de mes espérances ?


Fiche Technique

Auteur : Akihito Tsukushi

Type : Shonen

Genre : Aventure/Fantastique

Éditeur VF : Ototo

Nombre de tomes parus : 1 (6 en cours au Japon)

Prix : 8,99€

Au pied de la ville d’Orse s’étend l’Abysse, une faille gigantesque à la profondeur inconnue habitée par d’étranges créatures et emplie d’antiques reliques. Depuis des années, ce mystérieux gouffre attire de nombreux aventuriers qui se font appeler « les caverniers ». C’est ici que vit Rico, une jeune orpheline obsédée par l’Abysse et désirant marcher dans les traces de sa mère qui y a disparu. Un jour, en prospectant, Rico découvre le corps inanimé d’un jeune garçon. Elle est alors loin d’imaginer à quel point cette découverte va changer sa vie et accélérer son destin.

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À l’instar de The Promised Neverland, Made in Abyss est un shonen qui se veut plus adulte que la moyenne, et propose à ses lecteurs de suivre un groupe d’enfants menés par une héroïne ambitieuse et partant à l’aventure dans un monde fantastique dont ils ne connaissent que peu de choses. Attention toutefois, la ressemblance s’arrête là, puisque les deux mangas, en dépit de ces quelques similarités, ont des ambitions bien différentes !

Ce premier volume fait office d’introduction à la série. Il met efficacement en place son univers, ses personnages et ses thématiques centrales, sans trop s’avancer dans celui-ci, préférant en premier lieu travailler son cadre et ses acteurs. Cette entrée en matière se compose essentiellement de petites péripéties qui progressivement laissent entrevoir un univers d’une richesse à priori infinie (puisqu’il échappe à de nombreuses règles de notre monde), mais paradoxalement limité. En effet, l’abysse qui donne son nom à l’œuvre est déjà cartographié, et ses dimensions sont à priori connues de tous (ce n’est donc pas un monde à la One Piece, qui s’étend au plaisir de l’auteur, et son exploration sera de fait contenue). J’apprécie beaucoup le soin apporté par le mangaka à l’élaboration de son univers, approfondi entre les chapitres, au travers de nombreuses fiches bonus dédiées au bestiaire, à la hiérarchie de la société pionnière, etc.

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Très inspiré d’un imaginaire féérique traditionnel, et porté par le trait rond et doux de Akihito Tsukushi, le manga joue sur un décalage évidement entre ses apparences enfantines (qui se retrouvent en particulier dans la jeunesse et l’innocence de ses personnages) et la dureté voire la cruauté de certains aspects de son univers. Si la violence n’est pour le moment que mentionnée, que ce soit au travers de phases d’exposition ou de flashbacks du passé certains personnages, nul doute que celle-ci deviendra plus graphique au fil des volumes.
Pour le moment, l’auteur fait la part belle à une comédie, qui, quand bien même un peu molle, permet de s’attacher sans mal aux protagonistes du récit et ainsi, par la suite, d’être plus impliqué dans leurs aventures, qui les pousseront sans doute à faire face à de nombreux drames et dangers mortels.

 

 

 

Rico est la parfaite héroïne pour un récit de cet acabit : positive, intrépide, ambitieuse et un peu inconsciente sur les bords, sa bienveillance et son excentricité font parfois sourire ! J’ai beaucoup aimé que, dès ce premier volume, on développe les motivations la poussant à s’aventurer dans le mystérieux gouffre. Celle-ci suit en fait les traces de sa mère, pionnière mythique à l’origine de nombreuses découvertes d’importance, mais tragiquement disparue (comme beaucoup de ces aventuriers) au cours d’une mission d’exploration. La relation mère-fille tiendra donc une place de choix au sein des thématiques qu’abordera la série, et les nombreux mystères autour de la mère de Rico, qui parsèment ce premier volume, en font l’une des figures les plus intrigantes du titre pour le moment.
Le second protagoniste, introduit un peu plus tard dans le récit, c’est Légu, un mystérieux jeune homme qui, suite à une perte de mémoire (un peu facile…) se lance à la recherche de son identité perdue, qui, tout comme l’héroïne, le mènera à braver les dangers de l’abysse.
Ce duo, quand bien même assez convenu, est très plaisant à suivre de par sa pureté très enfantine, et sied parfaitement à ce que propose la série.

 

 

 

Visuellement, encore une fois, Made in Abyss se détache des codes du genre. Passé des designs des personnages très typés cartoon/moe, le trait de Akihito Tsukushi semble puiser dans de multiples influences, comme le franco-belge au niveau du découpage très académique. Le trait du dessinateur rompt avec les contrastes appuyés du style traditionnel manga et arbore de multiples nuances de gris fondus, donnant un aspect très texturé et nébuleux à ses planches, par ailleurs très riches. Une chose un peu gênante, en revanche, c’est la sexualisation des jeunes enfants, qui semble bien plaire à leur auteur. En effet, lorsque Rico se fait punir par la directrice de son orphelinat, elle est « suspendue nue, exposée à la vue de ses camarades ». Cet élément supposément  comique m’aura plus mis mal à l’aise qu’autre chose… (Légu n’est pas en reste, mais c’est peut-être plus subtil). Tant que cela reste ponctuel, je pourrai passer outre, mais c’est un poncif qui a tendance à me choquer pas mal.

L’éditeur a fait le choix de se calquer sur la version japonaise de la série et d’en conserver le format, plus grand qu’à l’accoutumée (c’est un format Made In chez Kana, par exemple). De plus, l’ouvrage s’ouvre sur 6 pages couleur absolument splendides, qui mettent en avant les talents d’illustrateur de Akihito Tsukushi et plongent d’emblée le lecteur dans la contemplation de son univers. Cerise sur le gâteau, le premier tirage de ce tome se verra gratifié d’une carte dépliable et détachable de l’abysse : un bonus intelligent qui fera plaisir aux fans de la série ! Pour le reste, rien à redire : papier épais et opaque, encre qui ne bave pas malgré des noirs profonds et de nombreuses nuances de gris, traduction fluide et sans coquille… une édition irréprochable qui vaut amplement son prix.

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Made in Abyss offre donc un premier volume prometteur, qui met en place les le contexte d’une aventure qui s’annonce s’ores et déjà passionnante et ambitieuse. Si cette introduction permet difficilement de se forger un avis arrêté sur la série, et souffre de quelques ficelles un peu visibles, je suis charmé par la densité de son univers, et attend avec impatience de pouvoir l’explorer plus en profondeur !


Merci d’avoir lu cet article un peu maladroit… une semaine sans poster et je ne sais plus écrire !
À très vite sur le blog (ou ailleurs…) !

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Un commentaire sur “DÉCOUVERTE MANGA #44 – MADE IN ABYSS

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