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DÉCOUVERTE MANGA #33 – YARICHIN BITCH CLUB

Chose promise chose due, je vous retrouve comme convenu (pas dans les temps, je me rendais à un petit festival underground…) pour une chronique du déjanté premier volume de Yarichin Bitch Club, nouvelle série de la maitresse Ogeretsu Tanaka!


Fiche Technique

Auteure: Ogeretsu Tanaka

Type: Boy's love

Genre: Comédie-Romance-Tranche de vie

Éditeur VF: Taïfu

Nombre de tomes parus: 1 (2 en cours au Japon)

Prix: 8,99€

Avant d’intégrer l’académie Mori Mori, Touno Takashi était un jeune lycéen plein de rêves. Suite à l’annonce de la mutation de son père, il pensait être transféré dans un lycée de Tokyo et s’imaginait déjà au bras d’une jeune et belle petite amie, se baladant dans les quartiers branchés de la capitale.
Malheureusement, la réalité fut tout autre. À Mori Mori, Touno se retrouve finalement dans un lycée pour garçon… perdu au fin fond des montagnes japonaises ! Bien qu’il ne se sente pas à sa place, il est rapidement accueilli par Yacchan qui le met à l’aise. Cependant, Touno va vite s’apercevoir que Mori Mori n’est pas un lycée comme les autres. Dans cet établissement, tous les élèves sont obligés d’intégrer un club, sous peine d’être sanctionnés. Après y avoir réfléchi, il décide de rejoindre le club de photographie, mais ce qu’il va y découvrir est au-delà de tout ce qu’il pouvait imaginer.
Accueilli par 5 éphèbes déchaînés qui s’amusent avec des sextoys, Touno va rapidement se retrouver confronté à sa nouvelle réalité : il fait désormais partie du Yarichin Bitch Club, un club de sexe qui fait le bonheur des autres lycéens.
La vie tokyoïte enflammée dont il rêvait s’éloigne encore un peu plus pour Touno Takashi, un jeune garçon hétéro et vierge pour qui l’enfer commence.
Bienvenue au Yarichin Bitch Club !

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D’après les dires de l’auteure en personne, Yarichin Bitch Club part, pour ainsi dire, d’un délire. Le manga n’avait aucunement la prétention de prendre la forme d’ouvrages reliés, et encore moins de franchir nos frontières! Pour cause, quand on connait un peu l’univers de la mangaka, assez sérieux, voire carrément sombre (par les aspects tragiques de certains ouvrages), cette œuvre dénote! En effet, on est sur de la comédie pure, osée, sulfureuse et irrévérencieuse, ce qui n’a pas été pour déplaire à son lectorat  est a motivé l’inattendu développement du titre (pour le meilleur).

Si Yarichin Bitch Club a instantanément su trouver son public, c’est je pense en partie pour sa palette de personnages vraiment riche et colorée. De manière générale, les acteurs des récits de la mangaka sont souvent très bien écrits et s’éloignent assez des stéréotypes; mais ici, Tanaka nous introduit à un groupuscule de spécimens tous plus perchés les uns que les autres! Difficile d’en parler frontalement, je tiens à garder mon blog relativement tout public! Toujours est-il que chacun des jeunes membres du club est attaché à une caractéristique sexuelle en lien avec sa personnalité, là encore, très acidulée, extrême et de fait comique. L’un ressort quand même: Yuri. Figure emblématique du manga (en cherchant des illustrations pour cet article, je ne tombe presque que sur lui, c’est dingue!), le jeune homme à la personnalité explosive semble à peine capable d’interagir de façon convenable avec ses homologues, et s’il peut mettre mal à l’aise à la lecture des premieres pages, très vite, l’auteure développe son excentricité et l’amène vers des traits de personnalité plus touchants et intrigants. Figures d’une jeunesse à la sexualité libérée et débridée, les jeunes hommes déroutent tout à fait le lecteur, qui avance aux-côtés d’un protagoniste tout aussi paumé et troublé, Takashi. Confronté à ce nouvel environnement hors-norme et déjà bien en place (il rejoint l’école en cours d’année), le jeune homme, comme le lecteur, se verra constamment ébahi par le jusqu’au-boutisme de ses camarades! En somme, que ce soit par leur caractère ou bien par les relations qu’ils entretiennent, les personnages de Yarichin Bitch Club sont sans aucun doute l’atout majeur de la série!

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Ainsi, pas d’intrigue alambiquée, ni même de séquence particulièrement intense émotionnellement: l’auteure assume pleinement le statut déluré de son manga et ne s’en cache pas! Toutefois, quelques relations sentimentales sont amorcées au fil des chapitres, ajoutant un peu d’humain à ces bêtes de sexe! Vous l’aurez compris, le manga est très, très cru! À réserver à un public qui sait ce qui l’attend, donc, et ne cherche pas de romance qui se pencherait en premier lieu vers les sentiments des personnages.

Par contre, je me dois de vous prévenir: le manga présente une scène de viol assez dérangeante, d’autant que pour le coup, elle n’apporte vraiment rien. Là où dans d’autres de ses mangas, l’acte de viol menait assurément à une évolution dans le couple, ici, tout est pris à la rigolade, ce qui met clairement mal à l’aise (je comprendrais tout à fait qu’on s’indigne). Toutefois, il est de rigueur de rappeler que ceci est un manga, donc une fiction, que personne n’a été agressé, et qu’en tant qu’œuvre ouvertement cochonne, le titre a le droit d’exploiter les possibles fantasmes de ses lecteurs et lectrices (reste que ça aurait pu, à mon sens, être un peu mieux tourné… en l’état, ça banalise l’acte – ce qui est moins le cas chez les autres Tanaka).

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Visuellement, on retrouve la patte fine et assurée de la mangaka, qui délivre une nouvelle fois des personnages aux designs facilement distinguables en dépit de leur grand nombre, et surtout réellement séduisants! Passée maitresse dans son genre, l’auteure dynamise son récit par un découpage entrainant, et met l’emphase sur ses personnages, favorisant les gros plans mettant en avant l’émotion! Bref, au niveau des dessins, c’est comme toujours du tout bon!

L’édition de Taïfu est de très bonne facture, et vaut amplement son prix, puisque le bouquin est une belle briquasse de près de 250 pages! Ajoutez à cela une traduction au poil, qui rend parfaitement honneur aux échanges extrêmes: rien à redire pour ma part!

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Ce premier volume de Yarichin Bitch Club fait donc figure de lecture détente pour le moins surprenante, décalée, mais aussi délicieusement drôle et sensuelle! Un immanquable pour les amateurs des travaux de l’auteure, bien qu’aux antipodes de titres plus tragiques qui ont fait sa renommée, et à essayer si vous êtes à la recherche d’une comédie érotique qui joue franc jeu!

15,5/20


Voilà tout pour aujourd’hui!
Je remercie une nouvelle fois les éditions Taïfu pour cette bonne lecture!
N’hésitez pas à me communiquer vos impressions sur cet article et/ou sur le livre qui en fait l’objet!
À très vite sur le blog (ou ailleurs…)!

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2 commentaires sur “DÉCOUVERTE MANGA #33 – YARICHIN BITCH CLUB

  1. Pour moi Yarichin est une déception sur plusieurs points. Je pense que ça aurait pu effectivement être une bonne comédie décomplexée qui parle de cul, sauf que ça se résume à des gags bas de gamme et très souvent gratuitement vulgaire.
    La scène de viol est dérangeante pour moi également parce qu’elle cumule et résume mon soucis avec ce titre. Le consentement n’est pas permis, que se soit dans le fait de vouloir avoir une relation sexuelle ou bien d’être en couple ou une relation amoureuse. On oblige en quelque sorte le personnage principal à faire des choses qu’il ne le souhaite pas et ce qu’il veut n’est pas pris en compte. Le sexe dans ce titre n’est pas libre, il en juste l’apparence. Il est banalisé ainsi que la violence parce que les personnages sont obligés de passer à la casserole, de même que les situations que je trouve assez douteuses. Faudrait pas que les agressions de Toono deviennent un running gag…
    Yaritchin devient intéressant quand il ne parle pas de cul mais juste parle de relation entre adolescents, le paraître etc…même si parfois c’est très cliché. A mon sens, il y avait des façons différentes d’aborder la sexualité avec humour et de façon plus subtil. Je prends pour exemple Stairway to heaven ou encore Imouto wa Shishunki qui ont certes des défauts mais dont les blagues de cul marchent mieux (en tout cas sur moi). Je pensais également que le titre allait un peu casser les codes du yaoi mais au final pas vraiment…
    Bref, ça se lit mais j’en attendais beaucoup mieux et je ne le recommanderai pas.
    ps : Malheureusement, l’adage « ce n’est que de la fiction » ne fonctionne pas toujours car il existe le terme de « victime virtuelle » quand des personnages fictifs sont victimes de violence (actuellement c’est surtout centré sur un type de manga).

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ta réponse est ton avis divergeant!
      Il y a une part de moi qui est très d’accord avec ce que tu dis…
      D’un autre côté, comme je le dis, le titre est ouvertement érotique: dans beaucoup d’œuvre érotique, on retrouve ce fantasme du viol. Alors après, c’est à voir si c’est un fantasme qui relève de la domination patriarcale davantage que de l’individu (sans doute) mais la question est donc toute autre une fois replacée dans son contexte de fantasme. Bon. C’est compliqué, et comme dit dans l’article, moi non plus je n’ai pas du tout aimé ce passage…

      Je ne m’exprime pas assez sur les séquence de tranche-de-vie du titre qui sont en effet très interessante… une erreur de ma part.

      En somme je comprends ta déception et tes reproches, je les ai longtemps partagé… personnellement, dans un autre contexte cela m’aurait bien plus dérangé. Enfin voilà, débat ouvert…

      J'aime

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