Et la suite ?·Manga·Non classé

ET LA SUITE ? #14 – FÛKA, WORLD WAR DEMONS, RAIN MAN

Bonjour à toutes et à tous! J’espère que vous allez bien! Quant à moi, je vous retrouve aujourd’hui pour parler de trois suites de séries parues récemment…


  • Fûka #5
Fiche Technique

Auteur: Kôji Seo

Type: Shonen

Genre: Tranche de vie-Musique

Éditeur VF: Pika

Nombre de tomes parus: 5 (18 en cours au Japon)

Prix: 6,95€

L’impensable drame est arrivé… Après ça, c’est tout le groupe d’amis qui se disloque et souffre. Yû s’enferme chez lui et refuse de retourner au lycée. Mutique dans son chagrin, il se laisse aller à la mélancolie… Comment vivre et être heureux sans la jeune fille enthousiaste et lumineuse qui a bouleversé sa vie ? Heureusement, une incroyable découverte va l’aider à surmonter sa peine et lui redonner l’envie de monter sur scène…

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Après le final surprenant et prometteur du volume précédent, j’attendais de pied ferme celui-ci, qui marque en effet un tournant majeur dans la série. Comme on pouvait l’imaginer, on s’attarde avant tout sur le deuil difficile du personnage de Yû. En parallèle, ce dernier s’attelle à convaincre ses camarades de poursuivre leur aventure musicale en dépit du tragique évènement qui les a tous et toutes frappé de plein fouet.

L’auteur fait le choix d’ouvrir son volume sur l’enterrement de Fûka, et élude l’annonce de la mort à son entourage, passage qui aurait été un possible tire-larmes facile. Toutefois, ce volume, bien que sincère, on le sent, reste terriblement maladroit sur beaucoup d’aspects. L’on aurait pu un peu plus s’intéresser à la réaction des parents de Fûka, qui même si extrêmement secondaires dans ce manga, étaient les personnages principaux d’une des précédentes séries de l’auteur (je suis sûr que les fans auraient aimé les voir un peu plus en avant dans ces moments difficiles…). La manière dont s’agencent les choses quant au devenir du groupe me parait elle aussi un peu trop simple, et la façon dont certains personnages changent d’avis vraiment peu cohérente.

Toutefois, et comme souvent avec la série, on sent une réelle bienveillance de la part de l’auteur pour ses personnages, et la volonté d’offrir une œuvre sincère et entière. Certains passages sont véritablement bien foutus, notamment ceux sur le toit, ou encore les passages où les membres du groupe sont ensemble.

Un autre point noir, et pas des moindre puisqu’il risque de s’accentuer de volume en volume: les passages musicaux, et de manière général tout le thème musical, est traité par un total amateur qui a fait un strict minimum de recherche, et ça se sent! Je veux bien que l’auteur privilégie les rapports humains et que la musique ne soit dans son œuvre que le vecteur de ces-derniers, mais là, trop de choses ne vont plus du tout. D’abord, en l’espace de quelques mois (4 ou 5, pas plus), le héros qui n’avait jamais touché une basse est capable de jouer tout à fait correctement en concert. Au delà, le premier concert du groupe était ridicule, avec l’arrivée de la star en plein milieu… tout à fait absurde! Puis les moments musicaux en eux même… il y en a 2 dans ce volume, et une chanson équivaut à 5 cases (j’ai compté, je n’exagère pas). Aucune émotion particulière n’est transmise, aucun effort de description du jeu des musiciens; on est limite sur de l’ellipse. C’est plat: on voit une bouche ouverte et une main qui touche une basse sous trois angles différents, et fin. Assez terrible. (Tout cela doit être beaucoup mieux rendu en anime, je l’espère en tout cas…)

En dépit de tout ce que j’ai à lui reprocher, Fûka reste un divertissement pour le moment efficace, qui se suit avec plaisir et propose quelques personnages sympathiques sans être transcendant. J’espère que l’auteur saura se prendre en main sur certains aspects de son œuvre, mais en attendant, c’est un titre que je peux conseiller aux amateurs du genre!

13,5/20


  • World War Demons #3
Fiche Technique

Auteur: Ûru Okabe

Type: Seinen

Genre: Suspense-Fantastique

Éditeur VF: Akata

Nombre de tomes parus: 3 (11 fini au Japon)

Prix: 7,95€

Devant faire face à un démon de l’univers qui a possession de l’une des leurs, les Alice vont être confrontés à un nouveau cas de conscience: jusqu’où doivent-ils et peuvent-ils aller pour abattre leur adversaire?! Kuroe, lycéenne nymphomane, va quant à elle réaliser l’intérêt qu’elle pourra peut-être tirer de cette nouvelle mission…

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Ma chronique des tomes 1 et 2.

En septembre dernier, je vous faisais part de mon constat mitigé concernant les deux premiers volumes de World War Demons, qui avaient été, pour ma part, une réelle déception. Toutefois, et en raison du potentiel bien présent à certains moments de ces derniers, je vous avais promis de me procurer et de vous chroniquer au moins le troisième tome… promesse que j’honore aujourd’hui! Et alors, ce troisième volume, il remonte la barre?

Et bien un peu, je dois l’admettre. Mes attentes sont loin d’être comblées, mais le récit, peu à peu, gagne en ampleur et en ambition.

Première amélioration notable: visuellement, l’auteur exploite un peu mieux son potentiel, que l’on avait déjà pu apercevoir au début et en certains instants du tome 1. Okabe explore la décomposition du corps, qui s’effrite, se déstructure… j’ai beaucoup aimé. En fin de tome, enfin, il se lâche tout à fait, et délivre des planches superbement composées et travaillées. Il joue de la vivacité de son trait, sur les motifs géométriques aussi (la mosaïque, la spirale etc.)… Bref, derrière le côté ouvertement brouillon de sa patte, l’auteur se montre capable de petites prouesses graphiques. Digne d’interêt à ce niveau, donc.

Tout en restant le plus souvent assez peu travaillés, les arrière-plans s’étoffent de quelques trames, ce qui comble assez bien l’impression de « trop vide » qu’on avait pu ressentir à la lecture des deux premier volets (comme quoi, il suffisait de peu). Et cela participe déjà à dynamiser un peu l’action, qui paraissait précédemment très morne et répétitive. D’autant que que ce soit au niveau des enjeux qu’elles nourrissent ou de leur déroulement, les scènes d’action sont déjà bien plus intéressantes! Des tensions se forment au sein des Alices, le groupe se scinde et des individualités émergent. Faire de l’une d’entre eux un ennemi est une idée certes pas très originale mais bienvenue qui relance tout à fait la narration et l’évolution des relations. L’héroïne se place un peu en retrait, et plusieurs flashbacks s’attardent sur le passé et les tourments de ses compagnons, je pense notamment à Kuroe, qui gagne (un peu) en profondeur ici.

Le final est tout bonnement saisissant, et arrive comme une grosse claque dans la tronche du lecteur. J’ai bien hâte de voir la suite de cette histoire qui gagne ici beaucoup en interêt.

En somme, tout en conservant dans une moindre mesure beaucoup des défauts qu’on pouvait lui reprocher auparavant, World War Demons développe des atouts bien particuliers, et étoffe pas à pas un récit prenant et un univers visuel intriguant. À voir comment tout cela évolue par la suite!

14,5/20


  • Rain Man #2
Fiche Technique

Auteur: Yukinobu Hoshino

Type: Seinen

Genre: Suspense-Fantastique

Éditeur VF: Panini

Nombre de tomes parus: 2 (7 fini au Japon)

Prix: 9,99€

Asuna Tendo s’apprête à pratiquer un sacrifice humain sur le toit de l’immeuble SW-44 devant un parterre de fidèles involontaires et hypnotisés !
Heureusement, Taki parvient à interrompre in extremis l’effroyable cérémonie et à empêcher le pire d’arriver, démasquant aux yeux de tous l’imposture de l’ancienne gourou de secte.
Mais au moment où tout semble sur le point de rentrer dans l’ordre, l’irruption d’un trouble-fête tout aussi dangereux que Tendo vient clore la scène d’une manière tragique – et jeter sur la conclusion de cet épisode morbide une nouvelle chape de mystère et d’ésotérisme…

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Le premier volume de Rain Man avait été une très bonne lecture, sans que je ne parvienne pour autant à mettre des mots sur ce que j’en avais pensé. Parce que Rain Man, disons-le, c’est très particulier. Je vais tenter aujourd’hui à vous écrire quelques lignes à propos du second volume de cette série signée Hoshino Yobukino, mais c’est avec une difficulté non-dissumulée!

L’auteur axe son récit autour de la résolution d’affaires apparemment paranormales, qui trouvent leur réponse dans la science voire dans la science-fiction. En effet, le titre explore l’univers de la parapsychologie. Les explications et théories scientifiques paraissent parfois un peu fantasmées, souvent tout à fait fumeuses, mais restent crédibles et évidentes, pour un rendu terriblement excitant! Là où le premier volume était parfois un peu brutal dans ses phases d’exposition, le nouveau est bien plus fluide à la lecture, puisque les explications théoriques sont coupées à une tension fantastique (la tablette de ouija dans ce tome) puis plus tard à de l’action pure et simple.

Le personnage principal, Taki, est très intéressant, et le fait qu’il subisse beaucoup l’action n’est ici pas un soucis puisque facilite l’attachement et la création d’un lien avec le lecteur. Les mystères qui entourent sa condition sont le noyau dur du récit, et chaque enquête est partiellement prétexte à l’exploration de ceux-ci. Quand on croit avoir atteint une réponse définitive, l’auteur chamboule tout d’un grand coup de pied: il joue avec le lecteur et l’entraine dans une chasse au trésor aussi fascinant que prenante, et ce tout en évitant sans ambiguïté les contre-sens et paradoxes: c’est génial!

Et comme si ce n’était pas assez, l’auteur développe des ambiances tout à fait captivantes, grâce, notamment, à des visuels incroyables. De ce côté là, c’est assez daté (l’auteur a la soixantaine, il faut dire!) mais très travaillé! Il joue beaucoup sur les contrastes et le mélange de crayonnés à des trames dynamisantes. Ses designs, à la fois réalistes et assez caricaturaux, puisent dans des inspirations diverses (on sent une patte un peu occidentalisante, typique de beaucoup de mangaka de récits matures de son époque…). Yukinobu Hoshino est aussi très doué lorsqu’il s’agit de dépeindre le chaos et le gigantisme, la ville se fait lieu scellé, et un réel sentiment d’étouffement émane de certaines planches tout bonnement superbes.

En bref, Rain Man est une réussite à tous les niveaux. Il ne reste plus à l’auteur qu’à approfondir un peu la psychologie de ses personnages pour prétendre à un manga tout aussi unique que génial! Une très bonne surprise que je recommande à tous les amateurs du genre; en plus l’édition est pour une fois assez sympathique… pas de raison de ne pas se laisser tenter!

17/20


C’est tout pour aujourd’hui!
Dites moi ce que vous avez pensé des volumes que je vous ai présenté, si toutefois vous avez pu les lire!
Je vous souhaite de bonnes lectures!
À très vite sur le blog (ou ailleurs…)!

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