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OCTOBRE EN ONE-SHOTS #2 – LES ENFANTS DE L’ARAIGNÉE, LA LUNE S’ENNUIE, UN SIMPLE MONDE

Bonjour à tous et à toutes! Voilà la seconde et dernière partie de mes lectures one-shot du mois d’octobre (vous pouvez retrouver le premier épisode ici), avec, encore une fois, des livres très différents.


  • Les Enfants de l’araignée
Fiche Technique

Auteur: Mario Tamura

Type: Seinen

Genre: Science Fiction-Suspense

Éditeur VF: Casterman

Nombre de tomes parus: 1 (1 fini au Japon)

Prix: 26€

Dans un univers post-apocalyptique, l’humanité a trouvé refuge dans des villes souterraines qui sont autant de prisons administrées par une élite militaire paranoïaque et tyrannique. Si injuste et cruelle soit-elle, la répression n’étouffe pas la soif de liberté des quantités négligeables que sont les habitants relégués au plus bas de l’échelle.
Les enfants de l’araignée rêvent d’un avenir meilleur. Grains de sable dans les rouages d’une machine à briser les individus, ils vont provoquer la rébellion qui fera apparaitre au grand jour l’horreur innommable à laquelle ils sont tous promis.

J’adore le Manga Erotics F et chaque fois qu’un éditeur se laisse aller à nous en proposer un titre, je fonce dessus tête baissée, avec la certitude d’être positivement surpris… et pour le coup, Les Enfants de l’araignée m’a un peu désorienté. À vrai dire, je ne suis pas certain de réussir à mettre des mots sur cette lecture, que j’ai trouvée à la fois passionnante et envoutante, mais aussi assez bancale sur certains aspects…

Et là, je me rends compte que je vais avoir vraiment du mal à en parler… tant ce livre est unique, puissant, mais aussi terriblement fragile. Tout au long du volume, on ressent une réelle maladresse au niveau de la narration. Certaines scènes s’enchaînent mal, et on se retrouve avec des moments de flottement regrettables d’autant que certains passages (notamment la conclusion) m’ont parus un peu précipités. La construction est déstructurée, désordonnée et égard (volontairement ou non, je me pose toujours la question) aisément le lecteur.

MAIS. Je suis assez tenté de dire que tout ça, on s’en fout. Parce que la puissance des Enfants de l’araignée est ailleurs. Tout dans ce livre est jouissif, ultra-stylisé. On est face à une envolée lyrique déconcertante, certes pas toujours contrôlée, mais tellement frappante qu’elle en devient irrésistiblement somptueuse.

Les personnages sont des modèles d’insoumission, qui se soulève dans un mouvement de contre-oppression et de lâché-prise sulfureux et régressif. Par soucis critique, je soulèverai quand même que certains sont introduits et traités de manière très bancale, mais encore une fois, plus que ce qu’ils sont, c’est ce qu’ils représentent qui passionne et interroge. Au fil des chapitres, la métaphore filée de l’araignée prend tout son sens, et différents degrés de lecture s’offrent aux lecteurs, ce qui laisse penser que si l’auteur n’avait pas forcément réfléchi à tous les éléments de sa narration, il avait toujours en tête les visées et messages forts de son titre, qu’il parsème au gré des pages…

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Au niveau du dessin, c’est une véritable claque. Agité de case en case, le lecteur se laisse entrainer par le découpage vif (presque violent) de Mario Tamura, et s’arrête plus d’une fois en chemin pour contempler ses visuels sensuels et envolés. Le trait de Tamura déborde d’une fougue palpable, et empreinte beaucoup aux grands noms de son média (dans certains regards, on repense au Vampyre de Maruo; le design des trois frères peut faire penser à Amer Béton etc.) tout en se forgeant une réelle identité. Impressionnant. enfants-araignee-ext-1

Pour l’occasion, Casterman livre une édition de toute beauté:  couverture cartonnée, dos relié… un livre étonnement léger compte tenu de son épaisseur, facile à prendre en main: un sans faute.

Les Enfants de l’araignée, c’est à lire donc. Sans trop y penser toutefois, et en se laissant transporter par la narration animale de Mario Tamura, que l’on espère recroiser au plus vite au détour des rayons…

17/20


  • La Lune s’ennuie
Fiche Technique

Auteures: Nanae Aoyama/Satoe Tone

Type: Kodomo

Genre: Conte

Éditeur VF: Nobi-Nobi

Nombre de tomes parus: 1 (1 fini au Japon)

Prix: 14,90€

La lune se sent seule… Alors elle décide de se faire toute petite pour aller se promener sur Terre. Partie à la recherche d’un vieil ami à elle, un astronaute qui lui a rendu visite autrefois, elle découvre notre planète, émerveillée. Va-t-elle retrouver son ami et rester avec lui, ou retournera-t-elle briller dans le ciel ?

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Changeons radicalement de registre avec… un album jeunesse (sans transition, ça pique une peu)!
Pointure du livre pour enfant asiatique, Satoe Tone (Le Voyage de Pipo, Où est mon étoile?…) est de retour chez nobi-nobi avec La Lune s’ennuie, nouveau conte poétique dans lequel elle n’officie qu’au dessin puisqu’accompagnée à la plume par l’écrivaine Nanae Aoyama!

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Je vais vite passer sur celui-ci, parce que vous vous en doutez, il n’y a pas grand chose à dire! J’ai passé un excellent moment en compagnie de ce livre tout bonnement sublime visuellement. C’était la première fois que j’ouvrais un ouvrage de Satoe Tone, et j’ai tout de suite été capté par ses ambiances reposantes et oniriques… Des teintes assez froides sont explorées ici, puisque l’ouvrage se concentre sur des univers nocturnes. L’atmosphère n’en est pas mois chaleureuse et nostalgique…

Au niveau de l’histoire, c’est assez concis! On suit l’astre lunaire, en voyage sur la Terre, qui se perd dans les quartiers animés et ère au gré de ses rencontres, à la recherche de son ami l’astronaute… la conclusion est très touchante, et le récit se clôture sur quelques planches sublimes.

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Voilà donc un conte somptueux, servi dans une édition à la hauteur de sa qualité, à lire et à relire, et qui satisfera petits et grands!

16/20


  • Un Simple monde
Fiche Technique

Auteure: Mari Yamazaki

Type: Josei

Genre: Tranche de vie-Romance

Éditeur VF: Pika

Nombre de tomes parus: 1 (1 fini au Japon)

Prix: 15€

De l’Italie à l’île de Tuvalu en passant par la Syrie, six couples d’âge mûr relatent la naissance de leur amour, les moments forts de leur histoire, les épreuves traversées, les séparations et les preuves d’affection. Une exploration du sentiment amoureux démontrant son universalité, au-delà des frontières et des cultures.

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Un joli carnet de voyage que propose la talentueuse Mari Yamazaki (Thermae Romae, Pline…). Sans être révolutionnaire, cet ouvrage, regroupant six petits morceaux de vie gravitant autour de l’amour d’adultes d’un certain âge (pas « vieux », mais bien avancés dans la vie), offre un moment de lecture délicat et dépaysant. Qui dit recueil dit souvent contenu plus ou moins inégal, et c’est ici le cas. Là où certaines histoires m’ont véritablement transportées et émues, d’autres furent à mon goût assez fades et, disons-le, relativement sans interêt. Après, il y a une réelle diversité dans les récits et thèmes abordés, et il n’est pas dit que ce qui m’a moins plu à moi soit objectivement moins bon!

L’un des gros atouts de l’ouvrage, c’est sa volonté de faire voyage le lecteur, une volonté assurément propre à son auteure, et que l’on retrouve à différents niveaux dans chacun de ses titres. Elle explore ici moult cultures et univers au travers du vécu de ses personnages, et croque un portrait assez juste de la diversité humaine. Au final, tout semble si réel dans ce titre que l’on peine presque à ne voir dans Un Simple monde qu’une fiction: Mari Yamazaki est divinement douée pour dépeindre des amours sensibles et belles, mettant en scène des personnages aux failles justes et touchantes.

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Un Simple monde forme un ensemble assez homogène et ce malgré l’aspect disparate de ses intrigues. D’abord, parce qu’elles se font fréquemment écho et se répondent plus d’une fois; aussi parce qu’une réelle cohérence s’installe autour des amours d’un certain âge. Les personnages sont tous et toutes déjà adultes, ont déjà fait face à leur sentiments par le passé: on est à mille lieux des romances lycéennes maladroites.

Visuellement, les adeptes de l’auteure ne seront pas dépaysés. Hormis, peut-être, un aspect un peu plus épuré que dans certains de ses autres titres, on retrouve la patte subtile que l’on aime tant, et qui colle parfaitement à l’ambiance du titre, puisque lourde en influences diverses, ce qui colle bien aux différentes cultures mises en scènes…

On pourra reprocher à l’édition, très correcte par ailleurs, son prix un poil élevé, compte tenu de la finesse de l’ouvrage, qui fait, en tout et pour tout, à peine 160 pages…

Un Simple monde est donc un recueil globalement bien fichu, qui plaira sans doute aux amateurs du travail de la mangaka, ou à celles et ceux qui seraient lassés des amours trop faciles. Un titre qui fait voir du pays, assurément, et témoigne une nouvelle fois du talent indéniable de son auteure.

15/20


Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui! Je ne vous cacherai pas avoir eu beaucoup de mal à écrire sur ces titres… Je pense que ça se ressent, mais espère tout de même que vous aurez apprécié l’article! Dites moi si ce dernier vous a donné envie de vous pencher sur l’un des mangas que j’y aborde, et si vous les avez déjà lu, n’hésitez pas à partager votre avis les concernant!
À très vite sur le blog (ou ailleurs…)!

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