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OCTOBRE EN ONE-SHOTS #1 – LA FILLETTE AU DRAPEAU BLANC, MON CHAT MA CUISINE ET MOI, NEON SIGN AMBER

Bonjour à tous et à toutes! En octobre dernier, je me suis procuré beaucoup, beaucoup de one-shots, dont certains vraiment très bons… ce qui fait que je regrettais de ne pas avoir eu le temps de vous en parler! Je me rattrape aujourd’hui en vous en présentant trois! Si vous êtes à la recherche d’un titre qui n’engage pas à un investissement sur la durée, je pense que vous pourrez trouver ici votre bonheur!


  • La Fillette au Drapeau blanc
Fiche Technique

Auteure: Saya Miyauchi

Type: Seinen

Genre: Drame-Historique

Éditeur VF: Akata

Nombre de tomes parus: 1 (1 fini au Japon)

Prix: 7,95€

Avril 1945, Okinawa. Tandis que le Japon est rentré en guerre depuis quelque temps déjà, la petite île tropicale nippone semble encore épargnée par les conflits. C’est là-bas que vit la petite Tomiko, dans la joie et la bonne humeur, malgré l’absence de sa mère. Pourtant, quand les bombardements commencent et que son père doit partir sur le front, son quotidien bascule et … Désormais, il lui faudra survivre … Survivre, envers et contre tout !!

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On retient généralement du catalogue d’Akata la collection WFT?! ou bien la diversité de ses shojo, mais il est un pan de leurs publications, parfois laissé de côté, et qui personnellement me touche beaucoup: leurs titres témoignages, souvent engagés et passionnés. Daisy, lycéenne à Fukushima, Je reviendrai vous voir, Colère Nucléaire… des mangas puissants, auxquels est venu s’ajouter le mois dernier le one shot La Fillette au drapeau blanc.

Inspiré (adapté?) de l’autobiographie de Tomiko Higa, La Fillette au drapeau blanc donne à voir les horreurs de la guerre d’un point de vue enfantin. Si morale il y a, le propos du titre n’est absolument pas politisé ou patriote: il n’y a pas de gentils, pas de méchants, juste une menace omniprésente: la guerre, la mort, qu’il faut fuir à tout prix. Et c’est autour de cette fuite que s’axera le récit.

En un nombre de pages relativement restreint, le manga parvient à développer un propos dense et atteint sans mal ses objectifs premiers, à savoir émouvoir tout en portant un message humaniste et nuancé.
L’héroïne est assez vite attachante, et parait bien réfléchie pour son âge.

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Graphiquement, l’auteure offre un ensemble très soigné, et apporte un soin tout particulier à retranscrire de façon presque photo-réaliste le cadre dans lequel se déroule son récit, de manière, sans doute, à faciliter l’immersion et à rappeler à son lectorat l’ancrage historique de ce dernier (dans la postface, Miyauchi nous raconte s’être elle-même rendue sur les lieux de l’action, afin d’en faire un portrait le plus honnête possible). Dans le même sens, des photos d’époque se mêlent aux planches de la mangaka, notamment en fin de volume: on perd toute impression de se confronter à une œuvre de fiction, La Fillette au Drapeau blanc se veut au plus proche du documentaire. Les scènes les plus affreuses sont appuyées par un crayonné vif et un encrage très « sale », là où les quelques passages de candeur et d’espoir (il y en a, quand même!), sont visuellement bien plus doux. Les arrière-plans fouillés laissent place à un décor plus minimaliste, voire à de simples trames: la jeune fille s’échappe quelques instants de la cruelle réalité à laquelle elle fait face, qui la rattrape malheureusement bien vite. Toujours dans cette volonté de créer de véritables contrastes, l’auteure gratifie son héroïne d’un design que l’on qualifiera de typique des shojo de l’époque (grand yeux, air angélique…) là ou les autres personnages, et en particulier les adultes, seront figurés de manière bien plus sèche et rude. Le découpage est sage, mais jamais ennuyeux, et rend honneur à une narration appliquée.

Malgré tout, ressort de la lecture un message d’espoir évident, de solidarité face à l’adversité, puisque paradoxalement la guerre met en avant l’humanisme de celles et ceux qui entourent Tomiko, notamment ses frères et sœurs et le couple qui la prend sous son aile en fin de volume.

Malheureusement, one-shot oblige, le titre est assez concis. On aurait peut-être aimé en savoir un peu plus sur la vie de Tomiko Higa avant, mais surtout après les événements, afin de s’impliquer d’avantage dans le récit, et surtout, de mieux percevoir le symbole qu’elle incarnera une fois le conflit achevé.

La traduction de Miyako Slocombe (décidément très douée et malléable) sied à merveille à l’ambiance du titre. Je trouve qu’elle a encore une fois su choisir les mots justes, ce qui n’était pas forcément évident au premier abord.

La Fillette au drapeau blanc est un ouvrage-témoignage réussi au propos d’une actualité brûlante. Éprouvante par instants, la lecture s’achève sur un message positif bienvenu. À conseiller à celles et ceux qui aimeraient, par exemple, Dernière Heure, aussi paru cette année chez Akata (et dont je parle ici).

17/20


  • Mon Chat, ma cuisine, et moi
Fiche Technique

Auteure: Hye-Yeon Han

Type: Manwha

Genre: Tranche de vie-Culinaire-Animalier

Éditeur VF: Kana

Nombre de tomes parus: 1 (1 fini au Japon)

Prix: 15€

Jeanne est une jeune femme moderne qui vit seule avec ses trois chats.
Elle vient d’être licenciée mais refuse de se laisser abattre. Jeanne affronte le quotidien à l’aide de ses chats et avec les douceurs qu’elle prépare tranquillement dans sa cuisine.
À chaque événement, un dessert est associé. Un jour, elle s’inscrit à une formation pour devenir pâtissière. Un nouvel horizon s’ouvre devant la jeune femme…

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Mon Chat, ma cuisine, et moi est une œuvre protéiforme très bien pensée. En effet, on oscille entre passages purement narratifs et… recettes culinaires! Bon, certes, on penche clairement du premier côté, mais chaque chapitre s’agence autour de la confection d’un dessert bien particulier, et s’achève sur la recette complète de celui-ci. Un format que j’ai trouvé intéressant, et qui touchera peut-être un public plus large que les simples aficionados de bande dessinée asiatique!

Pour ce qui est de la trame narrative, celle-ci est moins minimaliste qu’il n’y parait d’abord. Jeanne, l’héroïne, a ses objectifs, et on la voit évoluer dans différents milieux. Certains passages sont assez drôles et touchants, notamment ceux mettant en scène ses chats (amoureux des félins, ce livre est fait pour vous!). On sent que, pour certains chapitres, l’auteure s’est inspirée de son propre vécu, ce qui confère à l’ouvrage une dimension réaliste et quasi-autobiographique.

Visuellement, c’est très plaisant. Bien que l’ouvrage soit entièrement en couleur, l’auteure privilégie des tons pastels, et ne surcharge pas ses pages, finalement assez épurées. J’ai particulièrement apprécié son découpage atypique,  d’apparence quelque peu déstructuré, mais qui devient vite l’un des principaux atouts du titre.

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Je serais curieux de découvrir l’auteure, Han Hye Yeon, dans un autre domaine, celle-ci ayant officié dans bien des genres différents! Chez nous, fut publié il y a presque 10 déjà le one-shot Après le Zénith, que je n’hésiterai pas à me procurer à l’occasion.

Kana livre une édition de bonne qualité. Couverture semi-rigide sans jaquette, couleur très propre… Je reprocherais juste un manque d’opacité du papier, mais rien de bien gênant.

Mon Chat, ma cuisine, et moi, sans être transcendant, est une lecture à laquelle il est facile de s’abandonner, pleine de bonnes intentions et d’idées savoureuses! À essayer!

15/20


  • Neon Sign Amber
Fiche Technique

Auteure: Ogeretsu Tanaka

Type: Boy's Love

Genre: Romance-Tranche de vie

Éditeur VF: Taïfu

Nombre de tomes parus: 1 (1 fini au Japon)

Prix: 8,99€

Souvent incompris à cause de son visage inexpressif, Ogata n’en reste pas moins un beau jeune homme qui travaille comme hôte de salle dans une boîte de nuit. C’est dans cette dernière qu’il fait la connaissance de Saya, un Gyaru-o connu pour enchaîner les conquêtes féminines. Malgré des caractères totalement opposés, les deux hommes vont pourtant tisser des liens et se rapprocher peu à peu. L’issue de leur relation dépendra cependant d’une chose essentielle : leur capacité à faire face à leurs sentiments.

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Je connaissais déjà le travail d’Ogeretsu Tanaka, mangaka phare du catalogue de Taïfu depuis la parution de son one-shot Love Whispers even in the rusted night l’année passée, grâce à sa série Escape Journey (que j’apprécie beaucoup, et dont je vous parlerai probablement un jour). Aujourd’hui, il est question de sa dernière publication francophone, Neon Sign Amber, une romance touchante et adulte comme sait si bien les dépeindre l’auteure.

Celle-ci nous présente un duo de personnages attachants, et comme souvent dans ses œuvres, tourmentés par un passé (ou un présent) douloureux. Ogata se donne malgré lui des apparences d’insensible qui l’handicapent au quotidien, quant à Saya, il vit mal son homosexualité, qu’il essaye d’étouffer du mieux qu’il peut. On dénote assez vite une très belle complémentarité entre ces-deux là, charmante jusque dans les derniers instants du titre.

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Les scènes érotiques sont très bien mises en scène et ne perturbent aucunement la narration: on sent qu’elles font partie intégrante de l’évolution des deux protagonistes, et au travers d’elles, Tanaka explore en filigrane les questions de l’acceptation de soi et de ses envies de manière sensible et intelligente.

Visuellement, comme pour les précédents travaux de l’auteure, c’est tout simplement magnifique. On a par instant l’impression d’un livre pensé en couleur mais imprimé en noir et blanc (bon, certains passages étaient originellement prépubliés en couleur, mais c’est un ressenti qui accompagne tout au long de la lecture!), tant elle maitrise à merveille la texture, les jeux d’ombre et de profondeur. La couverture, elle aussi, est somptueuse et colle très bien à l’ambiance générale du titre.

Neon Sign Amber est donc l’une de mes meilleures découvertes boy’s love de l’année 2017! Je le recommande d’urgence à tous les amateurs de romances adultes à la recherche d’un titre à l’atmosphère mélancolique, et me procurerai évidemment les prochaines parutions de la mangaka, à commencer par Yarichin Bitch Club, à paraître en janvier, qui promet (je crois?) d’être globalement plus léger!

17/20


C’est tout pour aujourd’hui! Il me reste à vous présenter 3 one-shots, sur lesquels je reviendrai dans un prochain article à paraitre, sans doute, demain ou mardi! D’ici là, je serais curieux de savoir si suite à mes présentations, l’un de ces titres vous intéresse; et si vous les avez déjà lu, ce que vous en avez pensé.
À très vite sur le blog (ou ailleurs…)!

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5 commentaires sur “OCTOBRE EN ONE-SHOTS #1 – LA FILLETTE AU DRAPEAU BLANC, MON CHAT MA CUISINE ET MOI, NEON SIGN AMBER

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