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DÉCOUVERTE MANGA #18 – WORLD WAR DEMONS

Quand les éditions Akata ont annoncé World War Demons il y a quelques mois de cela, j’ai été surpris et très enthousiasmé. Surpris, parce que la série est finie au Japon depuis déjà plusieurs années, et enthousiasmé par les splendides couvertures et l’ambiance glauque émanant du court synopsis… Je dois admettre que je ne m’étais pas plus renseigné que cela, le tout ayant déjà suffit à motiver mon achat! Quelques visuels trouvés sur le net semblaient appuyer des trouvailles intéressantes… j’étais confiant, plus que confiant…

Et là, c’est le drame, comme on dit…

World War Demons… une déception.

Fiche Technique

Auteur: Urû Okabe

Type: Shonen

Genre: Suspense-Fantastique

Éditeur VF: Akata

Nombre de tomes parus: 2 (11 fini au Japon)

Prix: 7,95€

Azuma, jeune collégienne, vit chez la famille de son oncle depuis la disparition de ses parents. Battue par son cousin, violée par son oncle, mal nourrie, elle développe très vite une curieuse maladie psychologique : le syndrome d’Alice de l’autre côté du miroir. Mais tandis qu’une vague de catastrophes commence à s’abattre sur Terre, son syndrome pourrait bien s’avérer être une arme redoutable ! Car, une nuit, transportée dans un univers parallèle, elle devra détruire, aux côtés de six autres individus aux passés traumatiques et atteints du même trouble, six « démons de l’univers » qui semblent à l’origine des catastrophes. La force de son désespoir lui permettra-t-elle de sauver le monde entier ? »

Pour commencer, sachez que je ne présenterai jamais un titre que je trouve exécrable sur le blog. Je ne vois pas l’intérêt de faire de la mauvaise pub gratuite, et je ne trouve pas qu’enfoncer un manga soit d’un quelconque interêt (ni pour moi, ni pour vous, lecteurs).

Donc, si je vous livre aujourd’hui mon bilan très mitigé concernant World War Demons, c’est parce que je lui ai trouvé pas mal de qualités, ou en tout cas de curiosités, et que le tout mérite quand même le coup d’œil.

Déjà, quelque chose qui saute littéralement aux yeux… c’est loin d’être conventionnel, graphiquement.
Je suis habituellement très friand de graphismes particuliers, mais là, pour moi ça n’est pas passé. Le trait amateur et très (trop) minimaliste (des scènes entières sans arrière-plan), de l’auteur nuit vraiment à l’implication dans le récit. Ceux qui riaient à la sortie de Mob Psycho 100 (que je trouve très riche, visuellement) risquent de tomber de leur chaise!

Heureusement, Urû Okabe se prête à moult petits jeux visuels souvent captivants, usant de métaphores graphiques, de designs farfelus et d’un découpage particulièrement dynamique  pour tenter de faire oublier aux lecteurs ses lacunes techniques flagrantes. Par instants, il y arrive. Je pense par exemple au premier chapitre de la série, vraiment surprenant dans ses recherches graphiques. Malheureusement, par la suite, ça se dégrade, notamment pendant les scènes de combat, qui se font… sur fond blanc. Et alors là, impossible pour moi de rentrer dans le truc. Puis globalement, certains passages d’action sont assez difficiles à suivre… et je trouve, peut-être justement par l’absence de décors, que tous les combats se ressemblent. Un des gros points noirs du titre selon moi.

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Assez parlé du dessin, passons au scénario.
Là encore, du bon et du moins bon.
Déjà, le concept de base n’est pas sans rappeler beaucoup, beaucoup d’autres séries du genre. Cependant, et ce dès ces deux premiers volumes d’introduction (et sans doute encore plus par la suite), l’auteur apporte son lot d’originalité au récit et quelques idées bien trouvées pour faire passer la pilule et garder l’intérêt du lecteur, même blasé du genre. Pour donner un exemple, on apprend assez vite (dès la phrase d’accroche de l’éditeur en fait…) qu’un personnage qui achève un démon perdra instantanément un proche. Et bien l’auteur prend le contre-pied de ce à quoi on aurait pu s’attendre en proposant une (anti-)héroïne qui veut à tout prix voir sa famille mourir (je rappelle qu’elle subit les pires sévices…).

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En revanche, on dénote quelques lourdeurs dans la narration. Beaucoup d’éléments sont introduits avec un certain manque de finesse, comme les règles de bases de l’univers qui nous sont jetées au visage au travers de longs paragraphes un peu lassants (il y a d’autres maladresses, mais je m’arrête là pour ne pas trop en dévoiler). Maladresses que l’on retrouve aussi dans le traitement des relations entre les personnages (un des protagonistes semble se faire beaucoup de mouron pour l’héroïne sans qu’on en sache la raison, et sans qu’il ne la connaisse… bizarre).

Les personnages, venons-y donc! Tous plus ou moins archétypaux, aucun n’a su capter mon interêt durant ces deux premiers tomes. Certains m’ont même sévèrement tapé sur le système, par instants!
À la limite, le personnage de l’éditeur, Kôtarô Utô, amène certaines références culturelles sympathiques (Umezu, Bokurano…) bien que parfois un peu forcées (et on sent que c’est surtout là pour flatter l’égo du lecteur). En revanche, à travers lui, l’auteur se permet une auto-critique de son travail et de son œuvre, ce que j’ai trouvé surprenant et bien fichu!

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Le rythme plutôt intensif laisse peu de place à l’émotion (hormis dans le chapitre bonus du premier volume, que j’ai trouvé assez touchant). Cependant, tout laisse présager que la série ne se limitera pas à la chasse des 7 démons, et qu’il y aura un « après » à cette quête déjà bien avancée, ce qui selon moi est une bonne chose!

Akata livre une édition appliquée, notamment au niveau du vernis sélectif sur la couverture, qui ajoute un petit plus aux illustrations déjà très belles! La traduction, comme toujours avec Akata, est au poil; et rien à redire non plus du côté de l’impression.

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En somme, constat en demi-teinte pour World War Demons, qui est pour moi l’exemple parfait de la nécessaire complémentarité de la forme et du fond. Le manga de Urû Okabe ne manque pas de bonnes idées, mais desservi par un graphisme trop laborieux et de nombreuses maladresses d’écriture, il ne parvient pas -encore- à retenir mon attention.  Je le conseille tout de même aux curieux et aux amateurs du genre, qui pourrons je pense, y trouver leur compte. Reste que pour le moment, j’y vois un gros potentiel gâché.  Néanmoins, ces deux premiers volumes sont loins d’être inintéressants, et j’ai bon espoir que tout cela s’améliore. Je me procurerai donc au moins le prochain tome pour me faire une idée plus arrêtée sur le titre! Si cela vous dit, je vous en reparlerai à ce moment-là!

12/20


C’est tout pour aujourd’hui! J’espère ne pas vous avoir trop dégoûté du manga…
J’avais prévu de vous parler du one-shot Tue-moi plutôt sous un cerisier, paru le même jour, mais je n’ai malheureusement vraiment pas apprécié ma lecture… un titre qui apparemment a su trouver son public, tant mieux (mais là pour le coup je n’en aurais dit que du mal).
Sur ce, je vous dit à très vite sur le blog (ou ailleurs…)!

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